(08/29/14) Santé : Ebola c’est une maladie de la saleté

Dr KENFACK, Chef de service de la Maternité de l'Hôpital de District de Dschang et enseignant à l'Université de Dschang. Vu par Photo Momokana / www.sinotables.com.

Médecin et enseignant à l’Université de Dschang, Docteur KENFACK est bien connu pour faire partie de l’équipe de titans (conduite par Dr Georges BOUTING MAYAKA) qui a redonné ses lettres de noblesse à l’Hôpital de district de Dschang. Notre reporter a rencontré le chef de Service de la Maternité de l’Hôpital de district de Dschang en marche de l’atelier TOCKEM de formation des relais communautaires en soins obstétricaux et néonataux, les 19 et 20 août au District de santé de Dschang. La formation dont il est question renvoie à deux ateliers dont le premier a été réservé aux prestataires de services et le second et dernier en date aux relais communautaires.

Présentez-vous à nos internautes. Qui est Docteur Kenfack ?  

Moi c’est le Docteur Kenfack, le gynécologue obstétricien de l’Hôpital de district de Dschang, et en même temps enseignant à l’Université de Dschang. Donc je suis arrivé dans cette ville il y a bientôt six ans pour ces deux fonctions-là.

Médecin et enseignant, c’est deux fonctions forcément difficiles à gérer concomitamment, non ?

C’est assez difficile, puisqu’il faut en même temps encadrer les étudiants et en traiter les malades tout en encadrant les étudiants qui sont en stage. J’ai essayé d’établir un emploi de temps qui me permet de gérer cela, c’est-à-dire que le lundi, mercredi et vendredi c’est essentiellement à l’hôpital alors que les mardis et les jeudis sont réservés à l’université et parfois aux cas opératoires.

Je dois ajouter que nous avons également mis sur pied un système de formation du personnel, puisqu’on ne peut rien faire tout seul. On a formé les infirmiers d’abord dans le cadre des formations du ministère de la santé publique et également dans le cadre de l’appui de TOCKEM. Donc nous avons pu former des infirmiers qui sont assez aptes pour faire beaucoup de taches. Ce qui nous a permis de pouvoir nous libérer quelque peu. Au niveau de l’université c’est un peu difficile d’avoir des gens pour nous aider, mais étant donné qu’on a des enseignants en faculté des sciences qui peuvent nous aider à faire les TP ils le font.

Parlez-vous du  Service  de la Maternité de  l’Hôpital de district de santé de Dschang.

Oui comme je vous l’ai dit d’entrée, je suis gynécologue obstétricien et chef de Service de la Maternité de l’Hôpital de district de santé de Dschang. Ce service depuis environ cinq ans connait une forte affluence.  Récemment le ministère  de la Santé publique nous a dotés d’un nouveau bâtiment, qui moins de deux années après  ne peut plus contenir la clientèle.

Il y a cinq ans, à l’hôpital de district de Dschang on faisait 60 à 80 naissances par mois, et aujourd’hui  on fait entre 140 et 160 naissances par mois.  Et les prévisions  me permettent de dire que d’ici peu on pourra passer à 200 naissances par mois ; ce qui est de loin supérieur aux chiffres qu’on a au CHU (Centre hospitalier et universitaire, ndlr) de  Yaoundé. Ceci fait que non seulement on doit avoir du personnel, mais également  de l’espace.

L’espace est un véritable souci pour nous. Et quand je parle du problème d’espace, vous verrez comme parfois on est obligé de mettre deux femmes sur un même lit, ce qui n’est  ni commode ni agréable à voir.

Vous énumérez deux grandes difficultés pour la Maternité : l’insuffisance du personnel et  l’étroitesse des lieux.  Comment pariez-vous à ces problèmes ?

 Merci de me poser cette question. Je dois dire qu’à mon arrivée à l’hôpital de Dschang, je me suis rendu compte que de plus en plus il y a affluence. Cette affluence-là me donne beaucoup de travail et je me demandais comment faire pour m’en sortir tout seul. Or la meilleure façon de s’en sortir, c’est de former des gens de sorte qu’autour de soi on ait des gens capables de faire correctement certaines tâches. Et même à distance, pour quoi ? Parce que le problème pouvant être résolu dans la périphérie de telle sorte qu’au niveau centrale la tâche soit allégée. C’est dans ce cadre que je me suis inscrit pour voir dans quelle mesure je peux former le personnel non seulement de l’hôpital central, mais ceux qui travaillent dans la périphérie en ce qui concerne les soins à apporter aux mères d’enfants et aux nouveaux nés.

Depuis j’ai eu beaucoup de difficultés sur comment mener la formation. Heureusement, dernièrement une perche nous a été tendue par la fondation Tockem qui nous a contactés à travers le Chef du district de santé, à savoir ce qu’elle  pouvait faire pour nous dans le cadre de la santé. Bien évidemment nous avons sauté sur l’opportunité pour leur demander de nous aider à faire cette formation en soins obstétricaux et néonataux essentiels d’urgence qui est un module de formation conçu par le ministère de la santé publique et qui est entrain d’être mis en application partout dans le pays. Elle a accepté et vous pouvez imaginer que cela est un grand soulagement pour nous.

A quoi renvoyez-vous exactement quand vous parlez des soins obstétricaux et néonataux ?

Les SONEU, c’est-à-dire les soins obstétricaux et néonataux essentiels d’urgence… obstétriques fait appel à la mère et néonataux renvoie à l’enfant. Or on s’est rendu compte que dans les OMD- et surtout l’objectif N° 5- qu’il était question de réduire  la mortalité maternelle et infantile de deux tiers d’ici 2015. Nous sommes déjà en 2014. Or depuis 2008 on s’est rendu compte que la mortalité maternelle au Cameroun est passée de 600 à 700.  De l’autre côté, sur 100 enfants qui naissent on en perd  03. Ce qui n’est pas bien. Au lieu de régresser les chiffres augmentent plutôt. C’est la raison pour laquelle le Ministère de la santé publique  a mis sur pieds ce module dont la mise en application vise à réduire la mortalité maternelle et néonatale.

Comment expliquer qu’au lieu que les chiffres régressent ils augmentent plutôt ?

Oui. Il faut d’abord voir les raisons au niveau du gouvernement qui, depuis un certain temps, avait arrêté de faire des recrutements du personnel de santé. Ce n’est qu’en 2008, grâce à ce qu’on a appelé les Fonds de l’initiative des  Pays pauvres très endettés (Fonds PPTE, ndlr) et vu les chiffres en augmentation de la mortalité maternelle et infantile le gouvernement  a décidé de reprendre les recrutements au niveau du ministère de  la santé publique. Ce qui fait que non seulement le personnel était vieillissante, mais il fallait lui injecter du sang neuf. Le ministère le fait, mais le jeune personnel qu’il recrute est sans expérience en la matière. Il lui faut nécessairement cette expérience-là pour qu’il puisse inverser cette tendance.

Ensuite et nous ne devons pas l’oublier, nous sommes en période de crise. Il est vrai qu’on parle de relance, mais  il y a toujours des difficultés au niveau des familles. Par ailleurs, l’Etat fait des efforts pour former, mais sans moyens de recruter tous ces personnels afin de combler le déficit. La majeure partie de ces personnes formées sont dans des centres de santé privés.

Ceci m’amène à préciser que pour la formation TOCKEM nous  n’avons pas recruté les participants uniquement dans le public. Ils viennent aussi des formations confessionnelles et privées. On ne saurait masquer la réalité : vous savez que dans les coins reculé où parfois il n’ya pas d’hôpitaux publics, les patients se dirigent chez les privés.  

Outre cette formation des personnels il y a également ces multiples campagnes de vaccination dont certains parents ne comprennent pas toujours le bien-fondé, Docteur.

Les vaccinations à notre niveau visent beaucoup plus la poliomyélite, puisqu’il s’agit d’une maladie qui paralyse beaucoup plus l’enfant. Il s’agit d’une maladie pour laquelle l’OMS (Organisation mondiale de la santé, ndlr) est entrain de faire des efforts énormes. Et pour l’instant la maladie est en voie d’être éradiquée. Lorsqu’on trouve un seul cas, cela inquiète. Parce que ce seul cas trouvé peut contaminer beaucoup d’autres personnes. C’est pour cela que nous appelons les parents  à tout faire pour vacciner leurs enfants de zéro à cinq ans contre la poliomyélite.

 Si tout le monde le fait en même temps, la maladie est éradiquée. S’il y a quelques brebis galeuses qui ne le font pas, c’est elles qui vont ramener les gens en arrière pour refaire des séances de vaccination. On fait sept séances de vaccination en l’espace de six mois, alors que si les gens étaient compréhensifs, une seule séance aurait largement suffi.

L’actualité rete dominée par la fièvre hémorragique d’Ebola. Comment reconnaître les symptômes de  cette maladie ?

On parle de fièvre hémorragique, c’est-à-dire que le sujet est infecté présente une fièvre, il fait une diarrhée, et en même temps il y une destruction progressive de ses globules rouges. A ce moment donné il peut se trouver dans l’hémorragie.

Ebola maladie qui ne tolère pas. Donc, n’attendons pas les symptômes surtout, puisqu’il y a beaucoup de maladies qui miment les signes d’Ebola. C’est pour cela que de temps en temps on apprend qu’il y a eu un cas d’Ebola ici, et par la suite on se rend compte que ce n’est pas cela. Le plus important c’est de savoir comment ça se transmet  et prendre des précautions.

 Dites donc, comment se transmet-elle et quelles sont les mesures à prendre pour l’éviter?

Ebola ne se contamine pas dans l’air. Ebola  c’est une maladie de la saleté. Si on se lave bien les mains et si on évite les viandes de brousse… ces virus se retrouvent dans certaines viandes de brousse.

Au niveau de l’hôpital de Dschang, les mesures sont prises, comme partout ailleurs à travers le pays. Et on lance un  appel aux populations afin qu’elles respectent les règles élémentaires d’hygiène.

Pour sortir de notre entretien, quel est votre mot de la fin ?

Je saisis  l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer sur sinotables.com pour faire un plaidoyer auprès de tous ceux qui peuvent nous comprendre, à savoir qu’on a déjà ce problème d’étroitesse des locaux  au niveau de la Maternité de Dschang, et si l’on ne fait attention, on risque de décourager certaines patientes qui vont arriver  et se retrouver debout au lieu d’être couchées.

Si l’on peut agrandir le bâtiment ou en construire un nouveau, ce serait une bonne chose. Mais également  tout cela  en poursuivant la formation du plus grande nombre de personnel possible pour que certains cas soient bien pris en charge au niveau de la périphérie. Je vous remercie.

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