(07/31/14) Culture-Lelem 2014 : Morceau choisi de la randonnée pédestre des FONA chez les BOROROS

Quelques excursionnistes posent autour de MALLAM Adamou, leader spirituel des Bororos de Fonakeukeu. Photo Momokana / www.sinotables.com

Le Congrès biennal de Fonakeukeu, Lelem 2014, a donné l’occasion à près d’une centaine des jeunes et parents de Fonakeukeu de rendre visite à la communauté Bororo dans le village depuis quarante-quatre ans.

Accueillis par MALLAM Adamou et se  communauté, les FONA ont été longuement entretenus sur les origines de cette ce peuple et par-dessus sur leurs pratiques traditionnelles réciproques. Nous vous proposons un morceau choisi de cette palabre qui s’est clôturée par la visite du hameau, la séance photos et la découverte de troupeaux.

M. Tatsadong Valery, président de l'Adf vu le 29 juillet  chez les Bororos par Photo Momokana / www.sinotables.com

TATSADONG VALERY est le président de l’Association pour le développement de Fonakeukeu (Adf). L’excursion, explique-t-il fait déjà partie des traditions du Lelem : « Ce n’est pas la première visite du genre. Nous rendons visite à nos frères Bororos une fois tous les deux ans, dans le cadre des activités de notre congrès. Et nous en sommes à la troisième ou à la quatrième, si mes souvenirs sont exacts. J’ai d’ailleurs des frères du village qui ont voulu épouser les filles Bororos, mais je ne peux pas vous dire pour quelles raisons ça n’a pas abouti, mais  nous sommes toujours entrain d’espérer qu’un jour cela finira par devenir une réalité. Ce qui permettra un renforcement, une consolidation des liens de fraternité qui nous unissent. Le peuple FONA est très hospitalier. Nous n’avons manifesté aucune hostilité à l’égard de ces Bororos qui sont de nature nomade ; et c’est la raison d’ailleurs  pour laquelle ils sont établis ici depuis 44 ans comme vous l’a dit leur chef, MALLAM  Amadou. 

Au quotidien nous nous côtoyons. Ils sont sur nos terres et sont voisins de deux autres villages à savoir Njilie, et Saa.  Au début il y a eu quelques  sons discordants qui ont été vite aplanis, à telle enseigne qu’à l’heure où je vous parle ils sont acceptés par les trois villages qui les encadrent.  Leurs enfants fréquentent dans les mêmes écoles que les nôtres. Le souhait c’est que nous ayons aussi un troupeau de bœufs pour que cette collaboration et cette cohabitation soit plus parfaite.»

La densification et l’intensification de la cohabitation et la collaboration passent nécessairement par des infusions plus fortes encore. Mais personne n’ose franchir le rubicon, du fait du poids des traditions, de part et d’autre.

MALLAM Adamou, leader spirituel des Bororos de Fonakeukeur vu le 29 juillet par Photo Momokana / www.sinotables.com

MALLAM Amadou est le guide spirituel du hameau et se veut clair lorsqu’on parle du mariage interculturel entre sa communauté et celle de Fonakeukeu où il est attendu samedi avec une danse spécifique, « Le Bororo ne se considère pas comme un voisin de Fonakeukeu, mais comme un Fonakeukeu. S’il nous devons aller prendre une fille de Fonakeukeu pour venir ici, il faudra qu’elle accepte de vivre comme nos propres filles et nos femmes. Elle ne doit pas aller au champ. Elle ne doit pas vagabonder.  Nous n’aimerions pas aller prendre une femme qui sera toujours allée rendre visite à ses parents de l’autre côté.

En vérité,  nous avons envie de venir prendre une ou des femmes à Fonakeukeu, mais le problème c’est est-ce cette femme va accepter notre mode de vie. Au cas où elle accepte nos traditions, nous pourront y aller même maintenant.  Vous ne manquez pas des  filles qui nous attirent. Celle-là (il pointe du doigt une demoiselle) par exemple est à moi. Si  de votre côté  vous acceptez la religion musulmane, le Fonakeukeu peut prendre notre fille en mariage et elle respectera votre mode de vie et vos traditions.

Mais il y a une chose que je souhaite vous dire. Vous savez bien que la femme peut rencontrer son fiancé quelque part, par exemple lorsqu’elle est allée au marché,  et décider avec ou sans l’accord de la famille de le suivre.  Si quelqu’un me demande si je suis content de votre visite. Ecoutez ! Je vais pour renvoyer la question : Vous les Fonakeukeu qui, comme nous êtes  installés dans ce village, êtes-vous contents  de nous ou vous le n’êtes pas ? »

Madame DONKENG Monique veut un petit Bororo à élever. Photo Momokana / www.sinotables.com

A défaut de la femme ici ou là, d’autres pistes sont explorées pour consolider cette fraternité. Obtenir un enfant à aller élever est la préoccupation de dame DONKENG Monique. Cette résidante de Yaoundé est très sérieuse quand elle pose son problème au parent de l’enfant : « Je suis mariée dans ce village depuis 1986, et je ne savais pas où habitaient les Bororos. L’occasion d’aujourd’hui m’a permise d’y arriver, malgré le trajet dont la raideur des pentes se passe de tout commentaire.  Je suis donc venue, j’ai vu le chef, j’ai vu les enfants et j’en suis encore émue.

 La  note de déception, c’est qu’ils ne nous aient pas gardés, alors qu’ils nous attendaient. Ils avaient été informés de notre visite. Il a même fallu qu’on leur demande de l’eau à boire pour en être servie.

Malgré la déception, je leur ai demandé de me confier une petite fille à élever et le père très content m’a dit qu’il le ferait pourvu que ce soit pour envoyer l’enfant à l’école.  « Si c’est pour que l’enfant aille à l’école, j’accepte », m’a-t-il répondu.  Je leur ai demandé un enfant à élever parce que mon dernier-né  est âgé de douze ans et se trouve à l’internat quelque part.  Donc, je suis sûr que si je prends cet enfant je vais bien l’encadrer, juste pour que les BOROROS émergent eux-aussi.

On peut avoir des génies parmi eux sans le savoir.  Vous voyez, ils ont nécessairement besoin de l’un des leurs pour leur montrer la voie du changement, pour ne pas rester en marge de l’évolution de la société. Si nous le faisons rien pour les y aider, nous pourrions un jour endosser un sentiment de culpabilité. Dans la mesure qu’ils cohabitent avec nous, même s’ils sont à la montagne.  

Le parent à qui j’ai posé le problème m’a bien écouté et m’a promis qu’ils vont se concerter pour décider. Je lui ai indiqué le chez-moi ici au village. Et si l’accord est donné, il devra aller aussi voir le chez moi à Yaoundé où l’enfant viendra vivre. Et où il pourra de temps en temps, s’il le souhaite, venir lui rendre visite. »

Un groupe d'excursionnistes FONA chez les Bororos le 29 juillet. Photo Momokana / www.sinotables.com

 

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