3 Questions à Nguiffo, ingénieur du génie sanitaire et chef service d’hygiène à la Mairie de Mbouda

Publié le 31 Déc 2017 par Augustin Roger MOMOKANA

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Nguiffo est ingénieur du génie sanitaire. Chef service d’hygiène à la mairie de Mbouda, il nous parle de la campagne d’hygiène et salubrité dans cette commune.

Parlons des stratégies déployées pour la campagne d’hygiène dans la ville de Mbouda.

Disons que le maire a la volonté de mettre les moyens nécessaires pour que la ville soit propre et la population a adhéré.

Le Maire est personnellement sur le terrain tout le temps. Quant à nous, au niveau du service on s’organise par équipes, comme vous pouvez le vérifier au tableau d’affichage. Le Jeudi propre, par exemple, on fait sortir tout le personnel de la mairie. Les bureaux restent fermés jusqu’à 10heures. Et pendant ce temps nous sommes dans les quartiers pour travailler et pour nous rassurer que les populations travaillent.

Surtout, au quotidien,  la commune ramasse tous les déchets. Malgré l’état vétuste de nos véhicules, nous faisons des efforts pour ramasser tout ce qui est produit au quotidien comme déchets dans la ville. Quand nous ne pouvons pas avec nos engins, on loue ceux des particuliers, parce que l’objectif est que chaque journée parte avec ses déchets.

Dites-nous, comment avez-vous fait pour amener la population à adhérer à la campagne d’hygiène ?

Quand le maire a pris service, il a aussitôt convoqué les chefs de quartier, les organisations de la société civile, et certains leaders politiques. Avec ces gens nous avons tenu des réunions. Ce qui a débouché sur l’organisation du Concours du quartier le plus propre. Entre temps le maire effectuait des descentes régulières sur le terrain, pour rencontrer les populations. Donc, chaque chef de quartier devait mobiliser ses habitants d’abord pour nettoyer le quartier et ensuite pour échanger avec Monsieur le maire. C’est comme cela que certains chefs de quartier qui se sont fait particulièrement remarquer ont reçu des diplômes d’excellence. Et progressivement la mayonnaise a pris.

Cependant, comme vous le savez, combattre les vieilles habitudes n’est pas chose aisée. Au départ ce n’était pas facile, mais dans l’ensemble la population a adhéré.  Surtourt que tout le monde, dont les benskineur et les bayam sallam, est mis à contribution pour que la campagne réussisse. Lorsque vous êtes en ville, vous vous rendez compte que les gens ne jettent plus les peaux de banane au sol ; les gens ne jettent plus les coques d’arachide au sol ; les épluchures de canne à sucre ne sont plus jetées au sol. Les gens  font l’effort de porter cela jusqu’à la poubelle ou jusqu’à la maison.

A la dernière fête de l’excellence régionale Mbouda a été classé 3e ville la plus propre  et 2e marché le plus propre de la région de l’Ouest. Comment vous capitalisez ces distinctions et pour quel objectifs ?

L’objectif, c’est de redoubler d’ardeur au travail. Et je vais vous dire que, dans la discrétion, nous avons cherché à comprendre comment les gens font pour rester dans la 1e ou la 2e place que nous convoitons depuis.

En plus de ce que nous abattons comme travail, le maire envisage de doter la ville d’une signalisation. Il veut en faire  un outil de sensibilisation et d’éducation des populations.

Le ramassage s’intensifie, l’embellissement avec les fleurs aussi. De même, nous luttons avec beaucoup d’efficacité contre le désordre urbain.

Le maire a interdit les cultures de maïs, ce que nous appelons la végétation folle, aux abords des routes.  Récemment nous avons cassé les bouts de sillons pour faire comprendre à ceux qui résistaient qu’il ne s’agit pas d’une blague.

Propos recueillis par Momokana Augustin Roger