Anougué Vincent Désiré: « Ce qui se passe chez nous à Santchou n’est pas différent de ce qui se passe chez les Anglophones».

Publié le 01 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Anougué Vincent Désiré ne passe pas inaperçu dans la Menoua. L’ancien proviseur, qui se fait appeler « Proviseur émérite », est un gentleman au sens noble du terme. Après sa riche carrière d’enseignant, 40 ans de service dont 16 comme chef d’établissement, il s’est reconverti à la communication et officie depuis quelques années comme animateur en langue Yémba (langue la plus courante dans la Menoua) à Radio Kwalah, une radio communautaire basée à Dschang.

La célébration de la 45ème Fête Nationale de l’Unité le 20 mai 2017 nous donné l’occasion de rencontrer La célébration de la 45ème Fête Nationale de l’Unité le 20 mai 2017 nous donné l’occasion de rencontrer le proviseur émérite Anougué Vincent Désiré, pour évoquer avec lui les problématiques de l’Unité nationale, à l’heure où de grandes secousses perturbent les régions anglophones du Cameroun.

Présentez-vous à nos lecteurs !

Je suis Anougué Vincent Désiré. On m’appelle crânologue, et aussi  Pape de la religion africaine, ou encore traditionaliste. Je suis un ancien proviseur de lycée d’enseignement général. J’ai travaillé pendant 40 ans. Enseignant pendant quelques années et chef d’établissement pendant 16 ans.

Dites-nous, où étiez-vous en 1972 ?

Je travaillais  à Kumba où j’étais enseignant.

Quel souvenir gardez-vous de la journée du 20 mai 1972 ?

Le souvenir que je garde du 20 mai 1972. Il y a eu référendum pour ou contre la réunification. Parce qu’il y avait d’une part l’Assemblée législative du Cameroun occidentale, et d’autre part l’Assemblée législative du Cameroun orientale. En plus de ces deux Assemblée, il y avait l’Assemblée des Chefs  traditionnels du Sud-Ouest. Ces trois assemblées-là coûtaient vachement cher à l’Etat.

Ahidjo et les autres ont lancé le référendum pour que les peuples camerounais répondent par OUI ou NON à la question voulez-vous vivre dans un état unitaire ou voulez-vous rester dans la fédération. A l’issue du vote, le OUI a été déclaré vainqueur. C’est donc en 1972 qu’on passe de la République fédérale  du Cameroun à la République Unie du Cameroun.

Quel âge aviez-vous cette année-là ?

Je suis né en 1954, et l’événement se produit en 1972. Vous pouvez vous-même faire le calcul pour savoir quel âge j’avais ce jour-là.

Avez-vous pris part au vote ?

Effectivement ! J’ai voté. J’ai voté pour OUI. Puisque j’enseignais déjà. J’ai entamé ma carrière d’enseignant en 1969, comme bénévole.  En ce temps-là, nous les francophones qui avions au moins le CEPE on nous recrutait pour enseigner le français aux Anglophones. J’étais en service à Kumba.

Comment les populations ont-elles perçu cette journée où on leur a demandé de voter pour le référendum ?

Le référendum était accepté. Il n’y avait aucun problème. Je ne comprends pas ce qui se passe aujourd’hui. Mais il faut dire que tu ne peux pas taper sur un enfant et lui refuser le droit de pleurer. Il semblerait que quelque part les anglophones ont été coincés. La preuve en est que depuis la mort de Peter Agbor Tabi, ils n’ont plus de ministre d’Etat. Vous pouvez également comprendre que les impôts de la Sonara qui se trouve au Sud-Ouest seraient payés à Douala. Une ville se développement grâce aux impôts et aux taxes qu’on lui paye. Quand ils s’énervent, je les comprends. Mais mon problème avec eux c’est qu’ils introduisent les enfants dans l’affaire.

Vous sortez de la conférence  sur l’Unité du Cameroun où votre opinion de l’intégration nationale n’est pas tout à fait partagée. Vous dites que…

Oui l’intégration nationale passe par le vivre ensemble culturel, le vivre ensemble économique, le vivre ensemble social et le vivre ensemble politique. Pour le vivre ensemble social, il n’y a pas de problème. Pour le vivre ensemble culturel, il n’y a non plus de problème. Vous avez vu le festival de Limbé qui est un véritable témoignage du brassage des cultures au Cameroun. Pour le vivre ensemble économique, il n’y a pas de problème non plus. C’est la politique qui nous cause des problèmes. Je ne sais pas ce que les gens veulent. Ce  sont les hommes politiques  qui sont à l’origine de tous les problèmes que notre pays traverse.

Comment justifiez-vous votre accusation ?

Oui ! Ils nous causent trop de problèmes. Parce que qu’ils n’arrivent pas à prévenir. Or nous savons que prévenir vaut mieux que guérir. Nous sommes à Dschang ensemble. Moi je suis de l’arrondissement de Santchou. Vous savez ce qui se passe là-bas. Si moi je demande à être élu député à Dschang, on ne m’acceptera pas dans une liste. On dira que si la liste part à Yaoundé sans le nom d’un Mbo, elle sera rejetée. Économiquement, socialement, culturellement, les Mbo et nous n’avons pas de problèmes. Il existe même l’intermariage qui est une preuve de l’intégration nationale dont on parle aujourd’hui. Mon premier fils vient d’épouser une fille mbo. Et l’enfant issue de ce mariage s’appelle Anougué Efon. Vous comprenez qu’il n’y a pas de problème de ce côté-là. Vous me comprenez un peu ! Il y a le tribalisme partout, sauf dans le sexe.  Tu peux trouver ta femme n’importe où  et il n’y a pas de problème.

Vous reprochez aux hommes politiques  de ne pas accepter l’ouverture. Que proposez-vous donc aux décideurs du Cameroun ?

Je suggère aux décideurs du Cameroun qu’ils apprennent à prévenir. Il faut qu’ils préviennent. Nous disons ici chez nous que lorsque le ciel commence à s’assombrir, il faut se préparer à ne pas être mouillé. C’est-à-dire qu’il faut chercher de quoi se protéger ou trouver un endroit pour s’abriter. C’est cette prévision que nous demandons aux hommes politiques. Je suis un adepte de la politique et je dis que les leaders doivent apprendre à prévenir. Parce que j’ai dit à ceux qui peuvent m’entendre que ce qui se passe chez nous à Santchou n’est pas différent de ce qui se passe chez les Anglophones. Moi je dis que c’est une bombe à retardement. Ce que nous acceptons aujourd’hui, nos enfants ne vont pas l’accepter demain. Vous ne pouvez pas être trois composantes dans un arrondissement, et une seule entité joue le premier rôle  chaque année sans que cela ne révolte les autres. Un jour les deux  autres se lèveront pour dire ça suffit ! On dirait qu’on est dans l’Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid. Mais comme vous savez, finalement un Noir a fini par gouverner là-bas. Aux Etats-Unis ça été la même chose, mais un Noir a fini par devenir président. De part et d’autre, les Noirs étaient étouffés, malmenés. Ce qui se passe ici à Santchou, à côté de nous, c’est la même chose et les gens voient cela sans dire mot. Et ça fait 50 ans que cela dure. Ça va un jour péter et ce ne sera pas bien. Quand on parle politique à Santchou, c’est là où tu sens le tribalisme. Le grand-frère du tribalisme.

Vous mettez en accusation la hiérarchie du RDPC qui est le parti au pouvoir !

Vivement ! Et vous le savez très bien, le RDPC c’est mon parti. Mais je ne vois pas ce que la hiérarchie du parti a fait pour mettre un terme à la crise qui, à chaque élection, surgit. Vous ne pouvez pas être un père et vous donnez tout à un seul enfant, ou aux enfants d’une seule femme,  alors que vous avez plusieurs enfants ou plusieurs femmes. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Je vais vous dire, l’arrondissement de Santchou comprend trois principales entités : le groupement Sanzo, le groupement Fondonera et le groupement Fombap. Le centre urbain est cosmopolite. Maintenant quand on essaie de voir c’est Sanzo qui prend tout et rien aux autres. Le représentant de l’arrondissement au Conseil Economique et Social est un Mbo. Le député c’est un Mbo. Le maire est un Mbo. Le président de la section RDPC c’est un Mbo. Alors, les autres sont là pour applaudir ! C’est la même chose qui se passe de l’autre côté. Est-ce que nous devons penser que nous n’allons jamais devenir quelqu’un ? Moi je fais quoi là-bas ?

Mais on pourrait vous répondre que les Mbo sont une minorité et à ce titre ils bénéficient de la protection de la hiérarchie du parti et des faveurs du gouvernement !

La protection de la minorité. Mais la minorité ne doit pas écraser la majorité. A Santchou ils ne sont pas minoritaires. C’est quand on prend tout l’arrondissement qu’ils deviennent minoritaires. Si on voit que ça ne va pas, qu’on nous mette ailleurs. Car nous voulons nous aussi évoluer. C’est des choses que les gens n’arrivent pas à prévenir et ce n’est pas bien.

Quel regard portez-vous sur la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme ?

J’ai toujours eu à dire ceci que pour que ça marche il faut que dans un département comme la Menoua on essaie d’organiser les compétitions traditionnelles- qu’on n’appelle plus nos danses traditionnelles danses folkloriques parce que le folklore c’est quelque chose qui n’a pas de sens. Si on fait les éliminatoires dans les arrondissements et que les meilleurs montent de rivaliser de talents à Dschang, on verra qu’on construit le multiculturalisme au niveau local. Il faut que nous acceptions notre culture. Qu’on accepte notre manière de croire en Dieu. Qu’on cesse de nous faire croire que les Africains sont des païens. Non ! Nous croyons en un Dieu. Nous connaissons qu’il y a un Dieu qui a créé le ciel et la terre. Mais chacun a sa manière d’aller à ce Dieu. Parce que comme on le dit, si tu  montes tu arriveras à Dschang, si tu vas tout droit, tu arriveras à Dschang ; si tu empruntes les mapanes, tu arriveras toujours à Dschang. C’est dire que les voies sont nombreuses pour arriver à Dieu et chaque peuple emprunte la voie qui lui semble la plus appropriée ou l’idéale. Tout chemin mène donc vers Dieu, pourvu que tu ne fasses pas de bêtises avant la fin de la journée.

S’agissant du bilinguisme, j’ai proposé qu’on essaie de voter une loi et on donne à tout le monde 10 ans. Au bout de ces dix ans, si quelqu’un n’est pas capable de parler couramment les deux langues officielles, à savoir l’anglais et le français,  ils ne doit pas occuper un poste de responsabilité à quelle que niveau que ce soit. Ce qui se passe c’est que nous sommes restés pendant plus de 50 ans dans la logique de Foncha et Ahidjo. Foncha ne comprenait aucun mot du français, et Ahidjo aucun mot de l’anglais. Pourtant ils ont discuté à la Conférence de Foumban, par l’intermédiaire de Bernard  Fonlon. Nous devons tout faire pour que nos enfants ne disent plus que « c’est Dieu qui donne l’anglais de quelqu’un », ou « It’s God that give your french ». Il faut qu’on fasse quelque chose… qu’on essaie de dire que dans 10 ans, si vous n’êtes pas capable de parler l’anglais et le français vous ne pouvez pas occuper de poster de responsabilité au Cameroun, quelle que soit votre compétence. Avec une mesure comme celle-là, les gens vont courir. Chacun veut avoir un poste de responsabilité. Je suis Francophone et j’ai géré deux lycées bilingues parce que je suis parfaitement bilingue. Je connais les deux systèmes.

Maintenant pour le vivre ensemble, il faut voter une loi qui punisse ceux qui insultent par des expressions telles « biafra » pour désigner le Camerounais d’expression anglaise, « Dschang kouna » pour désigner un ressortissant de la Menoua, « avocat » pour désigner un ressortissant des Bamboutos. Si nous prenons le cas des Anglophones, on sait politiquement que ces gens ont voté pour la réunification du Cameroun parce qu’ils avaient peur des Biafrais qui étaient à Kumba, Bamenda et partout ailleurs au Cameroun. La manière donc ces Biafrais dominaient socialement, politiquement et socialement ne pouvaient pas les aider à choisir  le rattachement au Nigeria. S’ils l’avaient fait, ç’aurait été la fin du monde pour eux.  Je suis devenu très heureux quand les enfants sont allés aux Jeux Interpoules en 2007 avec un porc habillé en veste. Quand tu m’insultais là-bas, je te répondais que c’est le seul porc qui porte la veste.

Je saisis l’occasion pour vous annoncer la tenue prochaine d’une série de manifestations sous le label « Kounatitude ». Il s’agit d’un concept événementiel mis en place par la diaspora et qui va permettre de célébrer le centenaire de Dschang à Dschang et dans les grandes métropoles mondiales.

Ça sera une belle chose pour nous. Nous allons intervenir si la possibilité nous est donnée. Nous sommes prêts à affirmer cette identité. Parce que lorsque tu rencontres quelqu’un qui appelle son frère béti « Tchop broke pot », ça fait mal. Vous ne pouvez pas qualifier un peuple de dépensier. Il faut qu’on vote une loi pour punir ces genres d’insultes qui n’aident pas le vivre ensemble. Le vivre ensemble est une réalité au Cameroun, mais les hommes politiques nous cassent les pieds avec leur politique. Chacun tire la couverture. Mais il faut qu’on sache que c’est une couverture qui a déjà tellement duré dans l’eau que si on continue à la tirer sans précaution, elle va finir par se déchirer.

La politique c’est, disaient certains parents, les histoires difficiles à appréhender. Comment voulez-vous donc qu’on fasse la politique ?

La politique est là. Tu ne fais pas la politique, la politique va te faire. C’est clair. Faire de la politique c’est prévenir. Voilà une maladie qui s’est attaquée au Sud-Ouest, comme au Nord-Ouest. Maintenant pour la guérir c’est tout un problème. Vous pouvez me dire le nombre de grands médecins qui sont allés au chevet de ces malades sans qu’ils ne se relèvent de leur maladie ? Même les plus grands médecins de ce  pays n’ont pas pu lui trouver un remède. Pourtant, si on avait fait de la prévention, on n’en serait pas là. Si la décentralisation avait été effective dès le début, est-ce qu’on en serait là ? Ce que je dis, je suis responsable de mes propos. Qui a peur de la décentralisation ? Je parle de la décentralisation effective. Pas celle qui consiste à donner  des miettes aujourd’hui à un maire, à donner des miettes à un maire demain. Les ministres ont peur de la décentralisation. Ils ont peur de ne plus avoir à gérer le budget du Cameroun. Le budget qu’ils ne gèrent même pas bien.

Je m’attendais plutôt à ce que vous posiez la question autrement : Qui a peur du fédéralisme ? Comment les deux parties se comportaient-ils avant l’Unification ?

En tout cas il n’y avait de pas liberté d’expression comme aujourd’hui. Mais le vivre ensemble n’avait aucun problème. Les Camerounais ont l’art de partager leur quotidien avec l’étranger ou le ressortissant de quelque tribu que ce soit. C’est, comme je l’ai déjà dit, quand on parle politique que le feu sort. J’ai vécu pendant 25 ans dans la zone anglophone et il n’y a jamais eu de problème social. C’est avec le multipartisme que nous connaissons les problèmes politiques. Avant le multipartisme, personne ne pouvait parler comme nous le faisons aujourd’hui. Chacun parlait avec la bouche dans l’eau. Si tu étais content ou pas, personne ne devait le savoir. Mais je continue à dire que socialement, économiquement, même spirituellement, il n’y a pas de problème parlant du vivre ensemble au Cameroun.

Vous vous seriez auto-proclamé pape de la religion africaine. Ce qui signifie quoi ?

C’est un sobriquet donné par des amis. Nous entretenons les traditions africaines. Pour ça, je vais les défendre jusqu’à la mort. Je ne sais pas comment moi de Fondonera je peux venir chez vous à Baleveng  vous apprendre à danser, sans au préalable voir comment vous dansez et pour quoi vous le faites ainsi et pas autrement. Je ne vois pas comment les gens peuvent partir de chez eux pour venir chez-nous nous parler de Saint Martin, Saint Augustin, Saint Joseph, Saint ceci et Saint cela. Ils vont jusqu’à dire que mon père est en enfer. Je leur dit non ! Mon père n’est pas en enfer. La Religion est arrivée à Dschang quand ? C’est Sa Majesté Djoumessi Mathias qui a apporté la religion catholique à Dschang. Ça ne date pas de longtemps.

Sans doute en 1907 avec les missionnaires palotins  qui se sont installés sur la colline des singes (Grande Mission).

Voilà. Vous croyez que nos parents qui, avant cela, croyaient en Dieu en passant par nos ancêtres, sont tous en enfer comme ils sont venus nous le faire croire, n’est-ce pas ? L’enfer serait plein depuis des décennies. Nous sommes là pour défendre la spiritualité africaine. Et nous demandons qu’on nous laisse tranquille avec ces affaires qui viennent de l’occident. Le Blanc n’est pas venu ici pour nous aider.

Pour sortir, quel conseil donneriez-vous aux jeunes pour un meilleur vivre ensemble au Cameroun ?

Je  vous ai dit que le vivre ensemble est une réalité au Cameroun. Il n’y a que le problème politique. C’est quand on veut un poste que le tribalisme et toute sorte de crise surgissent. Et tenez-vous tranquille, j’ai constaté que tous ceux qui travaillent pour le parti  travaillent en réalité pour eux-mêmes, car en réalité il s’agit de faire en sorte qu’on les remarque et leur donne un poste plus important que celui qu’ils occupent présentement. Observez bien et vous ne me démentirez pas.

Je dois vous le dire. Quand j’ai été nommé directeur du CES de Bafou Sud, j’arrive à Bafou et je salue un commissaire de police et ce dernier me demande : « tu es d’où ? ». Je lui réponds  que je suis PLEG (Professeur des Lycées d’enseignement général, ndlr). Il me demande : « Tu es d’où ? » Je lui réponds que je suis de l’Ecole normale supérieure. Je l’avais compris et il était important, à mon avis, qu’il sache que le poste créé n’était pas celui des Bafou. C’est le poste des tous les fils camerounais qui ont fait l’Ecole Normale Supérieure. Nos enfants se rencontrent dans les établissements scolaires et vivent ensemble dans une harmonie irréprochable. Il y a les Fondonera à côté des Bafou. En 1960 quand nous sommes arrivés ici à Dschang, on a failli fuir pour rentrer au village. Parce qu’il y avait ce qu’on appelait la brimade. On nous tapait beaucoup. Aujourd’hui la situation a changé. Les enfants vivent ensemble. Il faut seulement que les politiques se corrigent.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA