« La femme de mon père m’a injustement accusé d’avoir déchiré sa robe »

Publié le 01 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Nous demandons à nos lecteurs de briser le silence. Zoleko Bavoua est musicien. Il a été guitariste de Prince Nico Mbarga. Mais avant cela son enfance a été marqué par un fait qu’il n’a jamais oublié. Lisez plutôt sa révélation:

La date arrive. Il faut comprendre la vie. Aimer la nature et se demander souvent si on est sorti d’un arbre. Comment  expliquer la différence entre autrui et moi, entre l’homme et la nature ? Il faut réfléchir sur le sens de la vie. Avant de griffer quelqu’un, griffe-toi d’abord.

J’étais encore tout petit, à Dschang; et  à l’école primaire. La femme du successeur de notre père-elle est encore vivante- m’a accusé d’avoir déchiré son habit de noël  à l’aide d’une lame de rasoir.

Elle m’a accusé et j’étais innocent. J’ai clamé mon innocente, mais on m’a tapé. On m’a tapé ! On m’a tapé ! J’ai juré au nom de Dieu et de notre feu père que je ne connais rien de cette affaire, mais on m’a tapé. On m’a tellement tapé que… On me disait que la bastonnade ne  sera arrêtée que si j’accepte que j’ai déchiré la robe.

Mais, comment pouvais-je admettre d’être l’auteur d’un crime que je n’ai pas commis ? A un moment donné, on m’a emmené derrière la maison pour me dire : « si tu acceptes, on te laisse. Si tu continues à nier, on va te … » Je ne pouvais pas… Je n’en pouvais plus et j’ai donc accepté avoir déchiré la robe. C’est ainsi qu’on a arrêté de me battre.

Ils m’ont fait admettre un péché que je n’ai pas commis et dont je suis incapable. Je n’ai jamais oublié ni cette affaire-là  ni ce jour-là où j’ai sentir la mort trop proche. En tout cas, je ne pense pas que je vais l’oublier demain. Pour quoi aurais-je déchiré son habit ?

J’étais encore tout petit, comme un oisillon. Ils m’ont tabassé  sous le prétexte que j’ai déchiré l’habit neuf de la femme de notre père (le successeur de notre père) avec la lame de rasoir. Mon propre père aurait-il agi de la sorte ?  Mon propre père m’aurait-il bastonné à ce niveau ?

Ce jour-là on m’a fait un grand mal. J’ai beaucoup pleuré ;  vous ne pouvez pas savoir comme ils m’ont tapé. Jusqu’aujourd’hui, je continue à clamer mon innocence. Je ne connais rien de cette affaire. Je n’ai pas déchiré l’habit de la femme de notre père.

Mon frère, je vous remercie de m’avoir permis d’évoquer cette histoire de ma vie.

Témoigne recueillis par Augustin Roger MOMOKANA