L’Université de Dschang aurait-elle finalement laissé filer l’oiseau rare ?

Publié le 04 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Vittorio Colizzi n’est pas n’importe qui. Cet éminent savant est arrivé au Cameroun, pour la première fois en 2002 grâce à l’un de ses étudiants porteur d’un projet de promotion de développement.

Lorsque le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo le désigne « oiseau rare », il s’adresse certainement à l’Université de Dschang. C’était il y a quelques mois au Campus de l’Université évangélique du Cameroun. Ce jour-là non seulement le MINESUP inaugurait le laboratoire, mais également il décorait et installait le professeur Vittorio Colizzi comme Doyen de la Faculté des Sciences et technologies de cette université.

Ce jour-là, un fait s’est dégagé. Le professeur Colizzi est parti. Parti d’où ? Il est parti de Dschang pour aller vendre sa renommée mondiale  pas aux plus offrants, mais aux amoureux du développement.  L’universitaire italien est entré par la fenêtre  et aujourd’hui il ouvre toutes les portes. Son combat, faire revenir au Cameroun ses étudiants en fin de formation car, personne ne viendra développer le Cameroun à la place des Camerounais. Certains l’ont compris, d’autres pas.

Aux obsèques de madame Françoise Foning, le savant italien avait chargé le Premier ministre de dire au président de la République que la création de la Faculté de médecine à l’Université de Dschang préoccupe toute le monde  et que l’Italie était prêt à accompagner le Cameroun dans la mise en place de cette importante faculté.  Cela était d’autant important que l’Université de Dschang avait passé des accords avec des universités italiennes (Tor Vergata, Camerino, Urbino, etc .) qui accueillaient régulièrement, sur bourse de l’Etat italien, des étudiants de la Filière Sciences biomédicales  de l’Université de Dschang.

Comme l’Université somnole, l’Université Evangélique de Bandjoun a tendu à la main au scientifique qui n’a pas tarde à la prendre.  Dans le discours prononcé devant le Chef de l’Etat en visite officielle en Italie Vittorio Colizzi le mot Dschang apparaît deux fois. Il s’agit pour lui de faire comprendre au monde la place que Dschang occupe dans la promotion du partenariat décentralisé avec l’Italie.

Pendant que nous dormons, d’autres saisissent la perche.  Dans un communiqué de presse conjointement signé par le président de  l’Institut italien de biochimie Giovanni Lorenzini  (IBI) et les recteurs des universités italiennes Camerino, Tor Vergata et Urbino, trois bourses de 10 000 euros, soit environ 7 millions de FCFA chacune sont ouvertes à trois jeunes Camerounais diplômés en pharmacie, pour aller aider à réaliser un laboratoire galénique dans leur pays, plus précisément  à Bamenda.  Ces bourses ont pour cibles les étudiants de l’université de Dschang.  Après une courte formation visant à développer les capacités d’experts  dans le domaine des produits pharmaceutiques et du contrôle de la qualité à l’Institut de Biochimie Giovani Lorenzini, les trois lauréats recevront le billet d’avion pour le Cameroun où ils déposeront leur valise à Bamenda et pour le compte de l’Université Catholique du Cameroun.

Le Prof. Vittorio Colizzi est le responsable de l’activité du laboratoire Galenic à l’Université catholique du Cameroun.   Qu’a-t-il finalement apporté à l’université de Dschang alors ?

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Augustin Roger MOMOKANA