Menoua / Nkong-Ni : pourquoi Fokamezo a-t-il provoqué l’annulation de la cérémonie de lancement du projet Eau et assainissement dans son village ?

Publié le 05 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Mercredi 13 décembre 2017. Esplanade de la chefferie de 3e degré du village Fokamezo, groupement Bafou, commune de Nkong-Zem. Ambiance et décor de fête. Dans la tribune quelques personnes disséminées. Mais présence très  remarquée des agents de Tockem.

Tout est prêt pour accueillir les officiels : le préfet de la Menoua, dit-on, le sous-préfet de Nkong-Ni, le maire de Nkong-Zem, les présidents des associations  Elans (Ensemble pour le développement Nord-Sud) et Tockem. Ces derniers sont des organisations de la société civile qui ont initié et pilotent le projet  Eau et Assainissement dans le village Fokamezo.

On note les vas-et-viens, dans le palais, du coordonnateur de Tockem. Et à chaque retour scénario identique : il se retire au loin et téléphone. Certainement il joue l’intermédiaire entre le chef du village et le président de Tockem. Puis, après une brève concertation avec les membres de son équipe, la décision tombe : « la cérémonie est renvoyée à une date ultérieure !»

Qu’est-ce qui n’a pas marché ? « Le chef du village ne reçoit pas. Il est occupé », lance un serviteur à notre reporter. Et le président de Tockem alors ? Il faut mettre le cas sur Tockem. Le décor est rapidement démonté. Puis la voiture et les motos démarrent en trombe. Direction  Tockem.

Le président de  Tockem et son homologue d’Elans sont en place. Un cercle s’improvise autour d’eau. Le président d’Elans Blaise Metangmo prend la parole. Il se désole de la situation survenue et rassure que cela est dans l’intérêt du projet. Pour lui, il est difficile de donner quelque chose à quelqu’un qui visiblement n’en a pas besoin, même si le constat est clair que cette chose lui manque. « Le développement est une porte qui s’ouvre de l’intérieur », renchérit Dr Pierre Marie Metangmo.

A Tockem, comme à Elans, on est convaincu que le véritable problème c’est la concentration des pouvoirs entre les mains d’un individu. Serait-on arrivé au report de la cérémonie si l’on avait eu affaire au comité de développement ? Pour quoi les égocentrismes ont-ils prévalu par-dessus l’intérêt communautaire ? En tout cas, ce n’est qu’un report et l’on espère que les parties vont se retrouver, au besoin avec l’intervention du sous-préfet de Nkong-Ni ou du préfet de la Menoua, pour tuer leurs égos enfin de donner de l’eau à boire à la communauté, et de doter les écoles de latrines écologiques.

Le projet  eau et assainissement à Fokamezo consiste à améliorer l’accès des populations à l’eau potable, de pallier au manque d’organisation actuel de la gestion des ouvrages, d’améliorer les conditions d’assainissement dans les écoles, et d’améliorer les pratiques d’hygiène liée à l’eau et à l’assainissement.  Ce projet, d’un coût total de 46 millions francs CFA est cofinancé par l’Agence de l’eau Artois Picardie (37 millions), Commune de Nkong-Zem (7 millions), et commune de Roncq (2 millions).

Augustin Roger MOMOKANA