Les villes du Cameroun sont devenues comme des usines de violence

Publié le 19 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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La violence est devenue chez les camerounais une dévotion maladive. La situation sans être catastrophique ou exclusive aux Camerounais n’en est pas moins préoccupante. Il y a une urgence à prévenir cette violence, parce qu’elle s’accroît en intensité et en quantité au fil des jours.

Dans la société civile, au sein de l’armée, dans les milieux jeunes etc. Les villes du Cameroun sont devenues comme des usines de violence. On n’avait jamais vu les camerounais aussi cyniques et sadiques. Ils sont non seulement acteurs du cynisme mais spectateurs muselés.

Comment une foule peut-elle observer sans rien dire pendant des heures, l’agonie d’un homme que les compatriotes ont brûlé et qui périt sous la force des flammes.

Justice populaire, empoisonnement, crimes rituels, les hommes périssent désormais sous le poids de la torture, le goût du sang, le gout du mal, la violence est devenu un fait inhérent dans notre mémoire collective. Agressions à mains armées, fusillades, destruction psychologique, accidents meurtriers, lynchage médiatique, crimes passionnels…

J’ai du mal à comprendre entre ceux qui agissent ainsi, s’ils sont lucides ou s’ils triment dans la folie ? Est-ce que nous sortons du cadre humain pour tomber dans le règne animal ? Tout compte fait un jour nous aurons à choisir.

Présenter aux yeux du monde entier des images aussi haletantes en direct où la barbarie étouffe notre lucidité est indigne d’un pays des hommes cultivés et intelligents. Faut-il demander la recolonisation, aucun mot ne peut alléger l’angoisse qui m’étreint. Les gens ont-ils raté d’être animal, le Cameroun est un pays jeune, qui doit s’affirmer par des actes paisibles et conciliants.

Il faut une grande patience quand il s’agit de traiter son prochain, son semblable. D’autant plus que les donneurs de leçons parlent, crient, hurlent, braillent, gueulent, et vocifèrent tous les jours, ensuite ils s’exclament, trébuchent, tombent devant les tragédies mais calmement se relèvent et repartent de plus belle.

Malgré tout cela la violence ne s’arrête pas, elle continue encore et encore. La violence telle qu’on voit au Cameroun est l’origine de certaines difficultés de la vie, de certains échecs de la jeunesse, de certaines maladies psycho-somatiques mais c’est aussi le signe d’échec de l’éducation.

Pour sortir de cette impasse, il faut explorer les différents visages de notre société, ce n’est pas une pensée magique qui viendra gommer cela, c’est chaque camerounais qui doit en parler autour de lui. Il est urgent de faire un travail pédagogique des masses pour que s’arrête cette violence

Marthe-Cécile MICCA