Le Cameroun doit-il se réjouir de l’extradition de Sisiku Ayuk Tabe et consort

Publié le 30 Jan 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Issa Tchiroma Bakary le Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement s’est officiellement prononcé : « Sisiku Ayuk Tabe et plusieurs autres sécessionnistes extradés du Nigeria sont effectivement gardés en prison au Cameroun ».

Le ministre Issa Tchiroma Bakary a confirmé, lundi 29 Janvier 2018, que Sisiku Ayuk Tabe et plusieurs autres sécessionnistes extradés du Nigeria sont effectivement gardés en prison au Cameroun.

Après l’extradition de Sisiku Ayuk Tabe et ses lieutenants, la question est qu’est-ce qui va se passer maintenant. les camerounais sont-ils en droit de célébrer la capture?

Il est évident  que la justice va jouer son rôle, déployer son rouleau compresseur contre ces compatriotes qui se sont comportés en marginaux. Mais il serait opportun que des négociations inclusives concrètes soient ouvertes afin d’en finir avec les sécessionnistes et rétablir la paix dans les deux régions en crise.

L’une des approches voudraient que l’on  considère la prise comme le moyen efficace pour obtenir la fin de la sécession. Dans ce cas, il ne faudrait pas minimiser la collaboration de ces prisonniers. Car ils pourraient non seulement faciliter la réédition de leurs compères encore dans la forêt, mais permettre à l’Etat de mieux comprendre la réalité de la crise anglophone.

D’autres anglophones dont Mancho Bibixy ne devraient pas être absents autour de la table des négociations. Ce compatriote, on l’a constaté, est un leader très populaire dans la région du Nord-Ouest.

Et les morts alors ? On ne pourrait pas, au nom des morts infliger la peine capitale aux sécessionnistes. Nos  soldats tués dans le champ de guerre, ainsi que les populations civiles également tués dans cette même sale guerre, sont des  martyrs de la “révolution”. Et la révolution c’est le changement profond attendu dans notre politique de gouvernance qui appelle à une véritable décentralisation.

Les élections annoncées pour cette année ne seront possibles que si la pacification des deux régions happées par la crise sont apaisées. Or l’apaisement ne pourrait venir d’ailleurs que de la négociation.

Augustin Roger MOMOKANA