« Un paradoxe entre ces hommes qui veulent des femmes indépendantes financièrement tout en étant soumises… ». Par Pulchérie MEFENZA

Publié le 05 Fév 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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La démocratisation des gadgets sexuels destinés à la gente féminine n’a pas atteint le niveau de tollé qu’a suscité l’annonce de l’arrivée des poupées sexuelles, sur le territoire camerounais…

Les internautes ont poussé des cris de protestation, en mettant en avant pour certains, la remise en question de leur « qualité d’homme »… L’un d’eux est allé jusqu’à dire que « l’homme qui couche avec cette poupée sexuelle, est capable de coucher avec un cadavre »… En exprimant avec ferveur, son dégout de voir arriver cet objet sur le territoire national, il laisse entrevoir l’accueil mitigé de ce projet…

L’effervescence dans les réseaux sociaux que suscite cette supposée arrivée, pose un certain nombre de questions…

S’agit-il d’une curiosité passagère chez une population ayant une certaine ouverture d’esprit ? D’un besoin physiologique réel répondant à sa population masculine ? … Où d’un désir de mettre en garde, la population féminine camerounaise, face à son degré élevé d’exigence, et d’attentes vis-à-vis de leurs hommes?

La question du coût de ces poupées qui s’élèverait à près de deux millions  de Fcfa la pièce pour certains sites, souligne déjà le public auquel elles seront destinées… Nous  nous interrogeons alors sur l’impact de l’utilisation de tels objets, sur les comportements des camerounais… Va-t-elle accroitre le besoin de contrôler chez certains, ou leur peur d’oser aller vers le sexe opposé ?

Le niveau d’exigence actuelle des filles, en serait la cause pour certains internautes qui évoquent une difficulté à répondre à leurs besoins tant matériels, que physiques… l’argument évoqué est une absence de réalisme face aux difficultés financières actuelles, dans un pays qui traverse une impasse  économique, avec un taux de chômage galopant…

L’ouverture sur le monde des pratiques sexuelles peu communes, viennent de plus, bousculer les habitudes de ces hommes et femmes qui, culturellement, ont longtemps baigné dans des univers patriarcales… des univers faits d’une certaine pudeur, non pas dans les pratiques, mais dans l’expression orale de ces pratiques…  L’homme y était le pourvoyeur financier principal, et la femme lui était soumise en contrepartie…

Il existe de nos jours, un paradoxe entre ces hommes qui veulent des femmes indépendantes financièrement tout en étant soumises, et ces femmes qui veulent plus de liberté tout en étant dépendantes financièrement… Les deux peinant à trouver un chemin cohérent à leurs attentes respectives…

Le camerounais se définissant par essence comme un être ouvert d’esprit, et curieux, il semble vouloir faire la part belle aux poupées produites en Asie, et dont le marché principale est avant tout l’Asie. Ce marché répond à un besoin de combler une certaine solitude, et à celui de palier à une certaine timidité de sa population…

Dans les faits, aucune investigation n’a abouti à l’identification sur le territoire camerounais, d’un poste de distribution réel de ces poupées… il est donc alors loin, le temps du doute, et de l’inquiétude de nos consœurs, faces à ces poupées…

Pulchérie MEFENZA