Enlèvement du sous-préfet de Batibo : Qui a organisé la fête de la jeunesse dans un territoire en proie à une insécurité grandissante ?

Publié le 11 Fév 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Des préfets et sous-préfets dans ce pays sont sortis de l’anonymat  en recourant à l’expression « menace à l’ordre public » pour interdire des manifestations pourtant potentiellement sans problème.  Comment les autorités du Nord-Ouest et celles du Sud-Ouest n’ont-ils pas, en ce qui les concerne, pu reconnaître la menace qui pèse sur leur région, leur département, leur arrondissement?  Batibo n’a pas connu la même sérénité que partout ailleurs.

Selon VOA (Voix d’Amérique), le sous-préfet de l’arrondissement de Batibo, département de la Momo,  région du Nord-Ouest, a été enlevé par des indépendantistes armés alors qu’il présidait la parade de la 52ème édition de la Fête de la Jeunesse dimanche 11 février 2018.

Sous le titre « Enlèvement d’un sous-préfet dans le nord-ouest du Cameroun », VOA rapporte que les assaillants ont fait irruption  à la place de fêtes de Batibo aux environs de 10H30 min.

Ces hommes armés sont repartis avec pour butin le sous-préfet Marcel Namata Diteng et son véhicule de fonction.

Le « véhicule [calciné] du sous-préfet a été retrouvé vers Ambo, mais le chef de terre reste introuvable », a publié cameroon-info.net rapportant une source contactée à Batibo.

Sur instruction du ministre délégué à la présidence de la république chargé de la Défense, le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique avait instauré sur toute la région, le 10 février 2018, un couvre-feu d’une semaine. Il court de 20heures à 6 heures et sera renouvelable.

Il convient de rappeler que, la 52ème édition de la Fête de la Jeunesse était placée sous le thème  «Jeunesse, Multiculturalisme, Paix et Unité nationale». Elle se célèbre dans un contexte général marqué par  la récurrence  d’attaques armées des sécessionnistes contre les forces de sécurité et de défense d’une part,  et l’assassinat de civils d’autre part, dans les régions anglophones du pays.

Augustin Roger MOMOKANA