Sénatoriales 2018 : le cas des sénateurs Niat Njifenji Marcel, Ibrahim Mbombo Njoya et Djomo Kamga brouille le jeu dans la région de l’Ouest.

Publié le 08 Mar 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

Spread the love

 

A la lecture des listes retenues pour les élections sénatoriales du 25 mars 2018, dans la région de l’Ouest, une grosse question mérite d’être soulevée. Celle de savoir si le destin des sénateurs Niat Njifenji Marcel (président sortant du Sénat),  Ibrahim Mbombo Njoya (Sultan du Noun) et Djomo Kamga Honoré (Chef supérieur Bandjoun) est entre les mains de S.E. Paul Biya.

Les sénateurs Niat Njifenji Marcel, Mbombo Njoya et Djomo Kamga Honoré ont été nommé par le président Paul Biya. La Constitution confère le droit au Président de la République de nommer 30  des 100 sénateurs attendus pour la mandature.

A l’examen des listes publiées mercredi 07 mars 2018 dans la perspective des élections sénatoriales du 25 mars, il apparait que les trois sénateurs ne sont pas candidats. Ce qui signifie que ces trois amis du président de la République ne feront, probablement, pas partie du prochain Sénat.

Dans le Ndé cette fois, Pour le Rdpc, c’est Madame Dzamou Micheline, par ailleurs Vice-présidente de la Chambre d’Agriculture qui a été présentée comme future sénatrice. Le département du Noun madame Ngangoube Aminatou.

Par le passé, pour que le sultan Ibrahim Mbombo Njoya, M.  Niat Njifenji Marcel  et S.M. Djomo Kamga Honoré deviennent sénateurs, il a fallu qu’ils soient nommés.  Et ils l’ont été pour le compte du Rdpc dans la région de l’Ouest où la liste du parti au pouvoir avait été disqualifiée.

Logiquement, comme l’on constate,  le Sdf n’avait aucun intérêt de présenter sa candidature dans la région de l’Ouest. Etant entendu qu’il n’y a aucun conseiller municipal pour prétendre se faire élire. Peut-on balancer de l’argent par la fenêtre comme ça ? Question difficile à trancher. Ne dit-on pas que la politique c’est le jeu du jour et de la nuit !

En tout état de cause, et ce qui est certain, le Rdpc n’organise pas pour perdre. Il n’organise  pas non plus pour remporter un sénat 100%. Ce serait bête. Pour cela, le parti de Paul Biya devra assurer quelques sièges à l’opposition. Surtout au Sdf qui avait déjà un groupe dans le sénat sortant.

Comment cela sera-t-il possible ? Un compromis doit avoir été trouvé entre les deux partis. Mais le Sdf n’est présent que dans cinq régions du triangle national : l’Ouest, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, le Littoral et l’Adamaoua.  Ses listes à l’Est et dans l’Extrême-Nord ayant été rejetées. Celle du Centre a été retirée par le parti.  Si le Rdpc lui concédait les régions anglophones, ce serait trop flagrant et constituerait même temps la démission face à la crise ambiante dans ces régions-là.  Il faudra donc chercher ailleurs : dans l’Adamaoua, le Littoral, ou l’Ouest.

Dans ce jeu, Honorable Tonnang, née Mazetem julienne (Undp)   sera présente dans la Menoua, sans doute pour recevoir sa part de K.O. Son parti, l’Undp n’ayant aucun député ici.  Signalons au passage que la liste  du Rdpc ne mentionne pas de candidat  issue du Koung-Khi . Une autre situation qui mérite d’être analysée. S.M. Djomo Kamga ou le patriarche Fotso? Il faudra attendre l’après élections pour voir qui est nommé.

Voici du reste les différentes listes en compétition dans la région de l’Ouest, en attendant les éventuelles revendications qui seront portées devant le Conseil Constitutionnel :

Rdpc :

  • NGOUCHINGHE Sylvestre (titulaire) – NONO Henri (Suppléant)/ MIFI
  • NGOUBEYOU François Xavier (titulaire) – KEUMENI DJIAKOUE Claude (suppléant)/ Haut-Nkam
  • FOMETHE Anaclet (Titulaire) – Mme DJOUMESSI Rose épse JOKENG (suppléant)/Menoua
  • NGANGOUBE Aminatou (titulaire)- NJOYA Aboubakar (suppléant)/ Noun
  • POKAM Max (titulaire) – FOPOUE Emilienne (suppléant)/Hauts-Plateaux
  • DSAMOU Micheline (titulaire) – KOUATCHOU Manfred (suppléant)/ Ndé
  • TEINGNIDETIO Joseph (titulaire) – NZAPPA (suppléant)/ Bamboutos

Sdf :

  • TSOMELOU Jean (titulaire) – KUETE Jean Claude (suppléant) / Bamboutos
  • TCHATCHOUANG Paul (titulaire) – TCHANGOP Florent (suppléant)/ Haut-Plateau
  • SONKIN Etienne (titulaire) – MEZATIO Victor (suppléant) / Menoua
  • NGNANG Cyrille (titulaire) – MATCHINDA Jeannette (suppléant) /Mifi
  • METIEDJE NGUIFO épse TCHETANGNI Delphine (titulaire) – GUETEU André (suppléant)/
  • TCHOMNOU Raoul (titulaire) – NZIE Rehanatou (suppléant)/ Noun
  • OUANDJI Luc (titulaire) – DJATENG Colette (suppléant)/ Ndé

Udc :

  • YOUMO KOUPIT Adamou (titulaire) – NGNANG (suppléant)
  • MBOUANGUERE Epse MONGWAT Rainatou (titulaire) – YOUMSSI KAPAWA Marie Véronique (suppléant)
  • NDEUHELA Christophe (titulaire) – WIRKAR Idriss
  • NGOUTANE Mariama (titulaire) – VELUA PETOUO Joséphine (suppléant)
  • NZIEMI Célestin (titulaire) – NJIPENDI Salifou (suppléant)
  • GOUDEM Jules (titulaire) – SONWA Noel (suppléant)
  • KOUPENDJU Simon (titulaire) – NONO NANWOUO Alain Abraham (suppléant)

Ums :

  • NJONKAM Anne (titulaire) – CHENOUSSI Célestin (suppléant)
  • TEMBIWA François Xavier (titulaire) – GANMO Isidore (suppléant)
  • BOULEFACK Edouard (titulaire) – KANA Victor (suppléant)
  • TOBO NYALA NKOUNGOUA Ebenezer (titulaire) – TCHOKONTE TAKUNDJE Julienne (suppléant)
  • METIKAM Florence (titulaire) – EHODE DJOBO Arjan Blaise (suppléant)
  • CHEJOU (titulaire) – MAGNE (suppléant)

Undp :

  • MATEMZE Julienne (titulaire) – MANFOUO Josué (suppléant)
  • NOUMBOU Jean Pierre (titulaire) – NANSSOU René (suppléant)
  • FONKOU WOLONG François Xavier (titulaire) – MOBOU épse MABOU Jeanne d’Arc (suppléant)
  • MFOSSI Oumarou (titulaire) – KOUMO André (suppléant)
  • EKENG René (titulaire) – BIDRA François (suppléant)
  • DONGOCK Martin (titulaire) –  NAMELA Marthe Béatrice (suppléant)
  • TCHIMTCHOUA Marie Madeleine (titulaire) – KAMGA GUIFO Joseph (suppléant)

La loi électorale est formelle : « L’élection des sénateurs a lieu au scrutin de liste, sans vote préférentiel ni panachage ». Ceci signifie en claire que « lorsqu’une liste a obtenu la majorité absolue des suffrages valablement exprimés, elle est proclamée élue et remporte la totalité des sept (07) sièges mis en compétition. » Toutefois, au cas où la majorité absolue « lorsqu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, il est attribué à la liste ayant la majorité relative la moitié des sièges à pourvoir arrondi à l’entier supérieur, soit quatre (04) sièges ». Consulter le Code électoral.

Augustin Roger MOMOKANA