Brice Momo à Sinotables.com : « Le MRC a donné envie aux jeunes de militer».

Publié le 18 Avr 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Le régional du Sdf/Ouest chargé des Droits de l’homme, Brice Bienvenu Momo, a rallié le MRC. Sur les raisons de son départ du SDF (Social Democratic Front), l’ancien coordinateur du parti de la balance en Espagne (2011-2016), s’explique à Sinotables.com.

Rappelons que le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) que Brice Momo rejoint vient de tenir sa deuxième convention nationale, du 13 au 15 avril 2018, au Palais des Congrès de Yaoundé.

Est-ce que vous confirmez la nouvelle selon laquelle vous auriez démissionné du Social Democratic Front ?

C’est effectif. J’ai décidé, après quelques réflexions bien mûries, de changer de parti. J’ai quitté le Sdf, et cela est officiel.

Quelles sont les raisons de cette démission ?

Je dirais que les raisons  sont internes. Malgré tout, je ne pense pas que le fait que je quitte le SDF va me pousser à saboter mes anciens camarades. Toutefois, il y a quand même eu des malentendus entre certains patrons départementaux dans la Menoua et moi

Vous parlez de certains patrons. De qui s’agit-il ?

Je parle bien de patrons du SDF au niveau de la Menoua. Je n’ai pas besoin de citer des noms. Certains croiraient que c’est par peur ou par sabotage. Il n’en est rien du tout.

A quel parti politique appartenez-vous désormais ?

Je suis désormais, depuis hier [samedi 14 avril 2018, ndlr], membre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun : le MRC où je suis Militant dans la région de l’Ouest.

S’agirait-il d’un arrangement avec le MRC ?

Non !  Il ne s’agit aucunement d’un arrangement. Je dirai plutôt que l’idéologie et le programme politique de ce parti ont constitué, pour moi, une motivation supplémentaire. Par contre, je reconnais la qualité du travail fait par le MRC sur le terrain. Je ne peux  pas oublier de relever que certains camarades dans la Menoua, je dirai des patrons  comme ils aiment qu’on les appelle, m’ont poussé à la porte pour leurs intérêts personnels. Je pense que j’ai été comme une menace, dans  la Menoua, pour ces personnes-là.

Mais vous n’étiez ni vu sur la place publique ni connu du grand public !

Effectivement ! Je n’étais pas vu sur la place publique parce que certains ne voulaient  pas que l’on me connaisse. Toutefois, c’est amusant de croire cela de quelqu’un qui a été coordonnateur du SDF en ESPAGNE de 2011 à 2016, qui a été invité à deux NEC (Comité national exécutif) qui est l’instance suprême du parti. Fort de cela vous confirmez que des gens ont dressé un rideau dans la Menoua pour que je ne sois pas vu.

Au-delà du fait que vous reprochez à vos patrons dans la Menoua de vous avoir muselé, il ressort que l’avenir incertain du SDF a milité en faveur de votre décision.

Avenir incertain ! c’est vous qui le dites. Quant à moi je ne suis pas de ceux qui quittent le bateau parce qu’il chavire, bien au contraire. Cependant je me concentre plus en ce moment sur ma nouvelle formation politique et le SDF c’est du passé. Certes on peut avoir à faire de choses ensembles dans le cadre de l’opposition,  et tout est possible. Peut-être que nous pourrions mener le même combat avec des armes différentes. Tout simplement, et surtout,  je tiens à rappeler que le SDF n’est pas ma cible ni celle du MRC. Le MRC a pour objectif de prendre le pouvoir et compte sur le SDF pour le soutenir dans ce combat.

 Avez-vous discuté de votre démission avec la hiérarchie du SDF ?

J’ai longtemps parlé, avant, à certains cadres du parti du musèlement dont j’étais victime dans la Menoua. Des médiations ont été engagées dans ce sens et se sont heurtées à certains niveaux que j’ignore ;  mais grande est ma surprise de constater que les mêmes personnes m’appellent sans cesse depuis l’annonce de ma démission pour essayer de me convaincre et de me faire croire que ma situation était en étude. Mais voyons ! En étude pendant  deux ans, c’est trop non ?

Quelle serait la condition pour que vous reveniez à la maison ?

Je ne suis pas un prostitué politique.  Je suis déjà au MRC et je vais dépenser de mon temps et de mon énergie pour que ce parti à l’Ouest et partout au Cameroun prenne plus d’envol. Si des gens ont pris le SDF pour en faire leurs bizness, je pense que la jeunesse camerounaise a besoin d’autre chose. Et cette chose-là, je vais la chercher où c’est possible de réaliser mon rêve.

Pour quoi avez-vous attendu tenue de la Convention du MRC pour quitter le Sdf ?

J’étais contacté bien avant. J’étais déjà très proche du MRC, mais j’avais certaines exigences vis-à-vis de moi-même, du SDF et de ce nouveau parti dont je voulais m’imprégner des statuts, du règlement intérieur, et surtout du programme politique avant de donner ma position. Ensuite j’ai rencontré le président national du MRC, le Professeur Maurice Kamto, qui a apporté des réponses à certaines préoccupations que j’avais. Si vous le voulez, il m’a convaincu et je lui ai donné ma parole. Désormais je suis avec le MRC.

Avez-vous pris part à la Convention, si oui  quelles leçons en tirez-vous ?

Oui bien sûr que j’ai pris part à la convention. Je dois dire que le SDF a organisé ce genre de convention dans les années 90, c’est-à-dire avec autant de monde, dans un lieu sûr, et très bien ordonné.  A la Convention du MRC j’ai vu comment on débat démocratiquement et publiquement sur la vie d’un parti politique et, surtout, comment on débat sur des questions sensibles de finances. Ainsi tous les participants (camarades, invités, journalistes, etc.) ont pu savoir combien le MRC reçoit comme financement de l’Etat et ce qui est fait de cet argent ; chose qui ne se fait pas ailleurs.

 Combien de militants du SDF entrainez avec vous au MRC ?

Je suis quelqu’un qui travaille sur le terrain. J’ai des sympathisants  et des militants qui sont venus au SDF par moi et bien d’autres que j’ai trouvé dans le parti. Maintenant que j’ai quitté ce parti, et connaissant la rigueur, la franchise et l’engagement avec lesquelles je travaille, nul doute qu’ils me suivront et d’ailleurs nous en discutons déjà et les prochains jours nous le diront car beaucoup d’entre eux vivent des situations similaires dans leurs localités.

Quel  est votre message à tous ces jeunes qui ambitionnent d’intégrer les rangs d’un parti politique quelconque?

Je leur dirai que le MRC est le parti où ils doivent adhérer. Ceux qui ont suivi la convention du MRC à travers le petit écran ont pu remarquer que les jeunes ont beaucoup d’avenir dans le MRC. C’est un parti politique ouvert  aux jeunes. Il est ouvert à la jeunesse. En plus, ils n’ont qu’à regarder la configuration du bureau national. Il a une moyenne d’âge qui se situe entre 30 et 45 ans.

Quel est le poste qui vous a été promis pour que vous acceptiez de rallier le MRC?

Si je vous dis que je ne guette pas de poste, ce serait pour dire que je ne fais pas de la politique.  J’ai des compétences reconnues, et il revient à l’équipe dirigeante du parti de me proposer à un poste.  Je suis prêt à servir mon parti au poste qu’il lui plaira de me confier.

Si vous devriez passer un message à vos camarades d’hier, ce serait lequel?

Je leur demanderais d’exiger un peu de transparence  dans la gestion du parti que j’ai quitté. Je m’adresse à mes camarades de génération. Beaucoup  d’entre eux m’appellent depuis ce matin [dimanche] et, curieusement, pour m’expliquer qu’ils attendent que mon départ me donne le courage de faire des révélations sur le fonctionnement du parti. Ils sont convaincus que ce faisant cela pourrait arranger leur situation. En retour je leur réponds que ce serait de la trahison et du sabotage si je le faisais. A eux de savoir faire le bon choix, même si je reconnais que ce n’est pas facile pour eux.

Quel est l’état de vos relations avec le sénateur Etienne Sonkin ?

Le sénateur Sonkin c’est un papa à moi que je respecte bien. C’est une personnalité de mon village : je suis Foto comme lui. C’est un camarade du parti que j’ai vraiment soutenu en 2013. Politiquement parlant je préfère ne pas parler de notre relation. Comme je l’ai déjà dit, je le respecte comme un grand-frère, comme un papa, comme une personne ressource pour la Menoua. Aujourd’hui nous ne sommes plus camarades. Mais je précise que, personnellement, entre Monsieur Etienne Sonkin et moi, il n’y a aucun problème.

Dans les réseaux sociaux, il s’est pourtant dit des choses pas du tout aimables au sujet de votre relation. Qui en veut à qui ?

Il s’est dit des choses dans les réseaux sociaux nous concernant. Moi, je ne me reproche de rien envers Monsieur Sonkin. Il demeure une personne que je respecte, même si politiquement nous avions parfois eu des divergences de vues (ce qui est normal !). Pour preuve, il s’est absenté  d’une réunion importante du NEC pour assister à l’enterrement de mon Père.

En quittant le SDF vous avez lâché votre camarade Joshua Osih. Seriez-vous un traitre ?

Soyez sérieux dans vos propos, Monsieur Momokana. Je peux vous faire une économie de ma relation avec le camarade Joshua Osih. Lorsque je décide de m’installer au Cameroun, il y a quelques années, c’est lui qui m’oriente vers l’Ouest .Par ailleurs, lorsqu’il a voulu solliciter l’investiture comme candidat du SDF à l’élection présidentielle d’octobre 2018, j’ai eu le privilège de faire partie de l’équipe restreinte de trois(03) membres qui ont conduit sa campagne dans la région de l’Ouest. Je vous dis que dans la Menoua, Certains hauts cadres n’ont pas compris le bien-fondé de cette confiance et forcement ne l’ont pas digérée ; parce que pour eux je devais demeurer dans leur ombre. Je crois que pour quelqu’un que vous disiez plus haut ne pas être connu du public, le résultat de l’honorable Joshua  Osih dans la région de l’Ouest parle de lui-même.  Et je dois vous surprendre en vous disant que dans notre région, il a engrangé le plus grand score de son investiture. Seuls deux délégués ne lui ont pas accordé leurs voix. Je suis content d’avoir mérité cette confiance qu’il a placée en ma modeste personne. Parlant de trahison, je dirai déjà que je ne trahis personne en faisant un choix que je juge meilleure pour moi. En fait, nous sommes dans une dynamique où chacun devrait rechercher son équilibre et pourquoi pas moi? J’ai tenu à soutenir le candidat Joshua  Osih parce que je lui ai fait cette promesse, et c’est une preuve que je ne quitte pas un bateau sans dire au revoir.  Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas un problème de personne au SDF mais de gestion au niveau de la Menoua. Même étant au congrès du SDF, j’avais déjà un pied au MRC. Mais j’ai tenu à accomplir la mission que m’a confié mon camarade et ami l’honorable  Joshua Osih avec qui nous gardons de bonnes relations.

Pour les échéances électorales futures, une coalition SDF-MRC est probable. Comment l’accueilleriez?

Ce serait une très bonne chose. Vu que c’est quelque chose que le président Kamto recherche. Il a reçu une délégation du SDF il y a un mois. Il va vers de nombreux partis politiques. Nous pensons que l’adversaire ici c’est le régime dictatorial en place. Si je suis allé au MRC, ce n’est pas parce que je n’avais pas de sollicitation dans le RDPC. Je pense, sauf si je ne me trompe, que le MRC et le SDF mènent le même combat, c’est-à-dire le combat pour le changement de régime au Cameroun et dans la paix. Ce serait une bonne chose si le SDF nous rejoint. Que les gens comprennent qu’un nouveau vent souffle, et qu’il ne faudrait pas s’accrocher sur son passé pour faire de la politique. Les méthodes avancent et changent. Le MRC a donné envie aux jeunes de militer. Vous qui êtes basé à Dschang l’aviez certainement constaté. Le MRC bouge un peu partout dans le Cameroun.

Je vous remercie, Monsieur Brice MOMO, de votre disponibilité à répondre à nos questions.

Merci à vous. Le plaisir est mien de communiquer via Sinotables.

Propos recueillis par Augustin Roger MOMOKANA