Les huîtres : du plat à la lutte contre le cancer.

Publié le 16 Mai 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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A Mouanko, dans  le département de la Sanaga-Maritime, région de Littoral, l’huître  ou encore le Bisond est un véritable don de Dieu. Non seulement elle fait partie des identités gastronomiques, mais elle est davantage une ressource économique.

« SI JAMAIS TU ARRIVES A MOUANKO, N’HÉSITE PAS A TE FAIRE SERVIR AVANT TOUT UN SONDA. J’EN AI MANGE ET CELA ME FAIT ENCORE DU BIEN AUJOURD’HUI. DIEU SEUL SAIT POURQUOI LES MOUANKOIS SAVENT L’ART DE PRÉPARER LES HUÎTRES. »

Cette huître si succulente et si prisée, fait courir aussi bien les populations locales qui vont la chercher en mer. Du retour de la mer, les étrangers, notamment les restaurateurs et les bijoutiers partis parfois de Yaoundé  et Douala s’approvisionnent.

Cette denrée alimentaire vieille comme le monde est, depuis quelques années,  au centre de toutes les attentions à l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), à Brest, en France. Ici,  elle mobilise des chercheurs en cancérologie. L’huître contient un virus capable de tuer des cellules dans un état Warbung.

« L’effet Warburg est un mode de fonctionnement des cellules qui leur permet d’avoir un peu d’énergie et surtout d’avoir des blocs de construction pour produire des nouvelles cellules alors que l’environnement n’est pas agréable, confortable », explique  Charlotte Corporeau, biochimiste et chercheuse à l’Ifremer.

Ainsi les chercheurs de l’Ifremer travaillent intensément sur l’huître. Ils « en ont placé trois groupes dans des conditions très différentes : différences de température, d’oxygène, de salinité et même d’état nutritionnel. Pour l’instant, les chercheurs contrôlent seulement les différences de croissance des huîtres selon leur localisation. Ils feront ensuite des prélèvements pour analyser chimiquement au laboratoire leur activité cellulaire. »

Mais pendant qu’ils y planchent, à Mouanko l’on continue à regarder l’huître uniquement comme une précieuse perle destinée à la nutrition humaine. Exactement comme Sénèque qui, en son temps, la magnifiait en ces termes : «Huître  chère au gourmet ; huître bienfaisante qui excite au lieu de rassasier, tous les estomacs te digèrent, tous les estomacs te bénissent ».

L’huître porte un virus capable de tuer des cellules dans un état Warburg. Il revient aux chercheurs  de voir comment, et de trouver une façon de contourner les mécanismes de défense des tumeurs et les détruire.

avec allodocteurs.fr

Augustin Roger MOMOKANA