Football : mon nom est Monkam Joseph, mais les gens m’appellent « Joe Kassa’».

Publié le 03 Juil 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Dschang, 03 juillet (Sinotables.com) – « Je me souviendrai toujours du quart de finale de la Coupe du Cameroun que nous avons disputé contre le Tonnerre Kalara de Yaoundé en 1988. C’était le feu ! »

Monkam Joseph, dit « Joe Kassa’ » est un ancien footballeur. Il était un spécialiste de la D2 et a contribué à écrire de belles pages d’histoire de quelques clubs de foot de la Menoua.

Sa carrière de footballeur commence en 1982 lorsqu’il intègre les rangs de Rapide de Dschang. Il y passa deux saisons, avant d’être recruté par l’Aigle royal de Dschang où il évolue de 1985 à 1987, avec une belle participation aux Tournoi Interpoules pour la montée en D1 (Première Division ou encore championnat national d’Elite).  « Aux interpoules J’ai chauffé le banc de touche », dit-il avec un brin de sourire.

Lorsque l’Aigle accède en D1, le défenseur central (dossard n°15) rejoint Fozap FC du président Nguimatsa Emmanuel. C’est pour lui l’équipe du bonheur, par le temps de jeu et surtout les performances  et les rencontres humaines. « Avec Fozap FC nous avons atteint le quart de finale de la Coupe du Cameroun. Je me souviendrai toujours du quart de finale que nous avons livré contre le Tonnerre Kalara de Yaoundé en 1988. C’était le feu ! »

Côté contacts humains, Monkam Joseph laisse l’impression d’avoir eu des coéquipiers  de rêve lors de son séjour au sein de Fozap F. « Alphonse Tchami (dossard 9), Galamo (dossard 1), Mevoa Roger (dossard…), Mienje Laurent, dit « Papalo » (dossard 8), Masso (dossard 10). Il lui faudrait un peut du temps pour se remémorer d’autres noms.

«Dans toutes les équipes où je suis passé, j’ai toujours porté le dossard n°15. Mon idole, François Ndoumbe Lea, qui évoluait au sein de l’Union Sportive de Douala, arborait le 15. » En 1990 le président Nguimatsa Emmanuel abandonne Fozap FC pour prendre en main l’Aigle royal de Dschang abandonné par Kopa.

Pour la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 1972 au Cameroun, « les Lions indomptables ont choisi Dschang comme camp de stage. Ils s’entraînaient au CREPS, c’est-à-dire au stade du CENAJES. Nous fuyions l’école pour aller admirer les gars jouer au ballon. C’était extraordinaire ; et je pense que cela a contribué à ce que plus tard je devienne footballeur. »

Tsopgni Roger, dit Kopa a abandonné l’Aigle royal de Dschang parce qu’il avait mal des critiques des supporters de l’Aigle. Il a créé son équipe: Vautour FC de Dschang. « Joe Kassa’ » est appelé pour ce nouveau challenge. En deux ans, Vautour va de la Ligue en D1.  Monkam Joseph pense avoir fait son temps et décide de raccrocher les godasses.

« J’ai décidé d’arrêter en 1992. Mais je suis resté dans le milieu du football, en tant que pratiquant du 2 zéro, et fervent supporter de l’Aigle royal de la Menoua ».  Joseph ne rate jamais le match de l’Aigle royal de la Menoua au stade du Cenajes.  Il est plutôt un fanatique de bon poil. « Les gens disent que l’Aigle va descendre. Mais si on avait fait confiance à Wamba Petit Michel un peu plutôt, je pense que nous ne serions pas à la situation que nous connaissons. Je suis confiant. Wamba  aime l’Aigle et va tout donner pour le sauver. »

Monkam Joseph  était agent de l’Etat en service à l’IRAD de Dschang. Il a pris sa retraite il y a bien longtemps, à l’âge de 50 ans. « Je suis né en 1960 à Dschang. Ma mère était ménagère. Mais elle faisait aussi le commerce de manioc. Elle préparait les bâtons de manioc qu’elle vendait, dès  le crépuscule, au ‘marché de nuit’. Je me chargeais de porter la cuvette de bâtons pour l’accompagner au marché. C’était mon boulot de tous les jours,  de lundi à dimanche. C’est pour cela que les mais m’ont attribué le sobriquet ‘Joe Kassa’’.  Les gens m’appelaient ainsi, comme pour m’insulter. Au début cela était choquant. Mais avec le temps, j’ai pu l’accepter, parce que en fait, il s’agissait d’une reconnaissance que j’étais un enfant respectueux de mes parents. Lorsque je suis dans le football, je continue de faire ce métier quand c’est possible. Je le faisais avec passion. Parce qu’il s’agissait de la principale source de revenus de ma famille. Tout le monde, exceptés mes parents, m’appelaient ‘Joe Kassa’. Même lorsque je deviens footballeur, mes coéquipiers m’appellent ‘Joe Kassa’, c’est-à-dire ‘Joseph Kassala ‘. »

Augustin Roger MOMOKANA