Cameroun / Nouvelles Politiques : Devrait-on brûler ses adversaires ?

Publié le 16 Juil 2018 par Augustin Roger MOMOKANA

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Dschang, 16 juillet (Sinotables.com) – Devrait-on brûler ses adversaires ? Voilà la question lorsqu’on se retrouve face à une vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux, et où des individus dans la tenue du RDPC, avec parmi eux le président de l’Assemblée nationale (PAN), mettent à feu les tenues et les pancartes appartenant au MRC.

Respect de l’adversaire, du concurrent, la tolérance ont-ils foutu le camp au Cameroun ? Ce que nous découvrons sur Facebook ne fait pas honneur au Cameroun. Les symboles d’un parti politique sont des emblèmes et devraient mériter du respect à tous les égards.

La méthode est connue. Au Cameroun, depuis des décennies, l’on a appris à faire de la politique autrement. Faute de pouvoir travailler à convaincre les populations par des réalisations concrètes, certains cadres du RDPC brillent par l’intimidation des militants de l’opposition ; peu importe les moyens mis en œuvre pour parvenir à cette fin.

« C’est regrettable qu’une personnalité de cet ordre aussi minable soit elle comme c’est le cas puisse se comporter de la sorte. »

Depuis dimanche matin, alors qu’on n’a pas encore fini de gloser sur les assassinats perpétré par des militaires sur des femmes dont un enfant au dos de sa mère, voilà Cavaye Yeguie Djibril, le président de l’Assemblée nationale qui assiste à une scène de mise à feu des attributs d’un parti adverse : le MRC. Et ce n’est qu’une répétition de l’histoire politique du Cameroun. L’on devrait se souvenir qu’en 1990, de nombreux fonctionnaires soupçonné de faire les affaires de l’opposition  ont été affectés dans des zones les plus insoupçonnées de ce pays. Un isolement pensait-on. Sauf qu’au bout de quelque temps, l’opposition avait gagné l’ensemble du pays. C’était l’exploit de ces fonctionnaires maudits.

Pourquoi le seulement le MRC? Selon des informations concordantes, un certain Mamadou Mota aurait transformé l’Extrême-Nord en terrain favorable au MRC. C’est dire combien il est difficile pour le PAN d’assurer ses lendemains politiques, après l’élection présidentielle. D’ailleurs, si jamais Paul Biya réussissait le pari de conduire cette élection jusqu’à son terme, et s’il était élus, deux grandes menaces viendraient s’ajouter à la crise sociopolitique actuelle dans les Nord-Ouest et Sud-Ouest.

« Voilà le PAN parmi les gens qui tapis dans l’ombre ne veulent de lui au pouvoir et le prouve par méthode contradictoire. »

Un PAN pyromane pour essayer de garantir sa survie face à la crise post-électorale. Il est certain qui si Paul Biya réussissait à se faire réélire au soir du 07 octobre, pour une énième fois à la tête de l’État, il se séparera de nombreux vieux compagnons de lutte, vieux séniles qui ne lui ont pas généralement rendu facile la gestion du pays. Ces mêmes gens qui l’ont empêché de mieux apprendre les prémices de la crise dégénérée qui rend la zone anglophone ingérable le conduisent inéluctablement à la scission de l’État. Grâce à eu le veux de quelques indépendantistes pourrait se concrétiser.

Augustin Roger MOMOKANA