Je m’étonne encore de n’avoir jamais appris que le Président de la République a dîné avec les maires du Cameroun. .

Publié le 12 Fév 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Ma personne,

Ça m’étonne encore de n’avoir jamais entendu que le Président de la République a dîné avec les maires du Cameroun.

Ce n’est pas mon problème si le Président de la République n’a jamais dîné avec les maires? Où est mon problème dedans ? Il a nommé les ministres et ça me gratte où ?

Ce n’est pas du tout facile de vouloir comprendre le fonctionnement du Cameroun, mon beau pays. En fait je n’invente pas les sujets. Ils sont tirés de mes échanges avec mes amis, avec mes lecteurs. Aujourd’hui on essaie de comprendre le bénéfice que pourrait tirer le Président de la République d’un contact de proximité avec les maires. On essaie de comprendre le bénéfice que pourrait tirer un maire qui sait réunir les bâtisseurs de sa municipalité autour d’un pot.

J’ai toujours dit à mes interlocuteurs qu’est bon maire celui qui, en plus des missions ordinaires de gestion de son territoire, sait encourager ses concitoyens à participer à la vie sociale. Un maire qui sait qu’il peut organiser des déjeuners avec les bâtisseurs de sa commune est lui-même un bâtisseur. Un maire qui sait reconnaître le mérite et l’engagement citoyen dans sa municipalité est un bâtisseur.

Je vais plus haut. Un Chef d’État qui, une fois l’an reçoit les maires de son pays est un Chef de l’État soucieux du développement local et de l’épanouissement de ses compatriotes. En accueillant et en échangeant directement avec les maires, il est informé des problèmes concrets et quotidiens de ses concitoyens. Ce n’est pas rabaisser la fonction présidentielle comme certains pourrraient le penser.

De même que j’ai souvent dit que le bon président de la République sait écouter les médias. Les journalistes sont une sorte d’intermédiaires de tous les acteurs sociaux. Ce qui en fait une source éclairée pour une gouvernance responsable, démocratique, efficace et efficiente. Les journalistes sont comme le phare qui donne le signale aux navires qui entrent dans le port.

Un chef d’Etat comme celui du Cameroun, S.E. Paul Biya, qui ne connait pas le pays profond, pour n’être pas un adepte du tourisme intérieur, devrait s’appuyer nécessairement sur les deux piliers que sont les maires et les journalistes pour rester au contact permanent avec la nation.

S.E. Paul Biya se situe aux antipodes de cette vision. Il a opté pour sa confiance non pas à l’ensemble du gouvernement, mais à quelques pièces de ce gouvernement. Cela produit comme effet revers la crise socio-politique ambiante. Elle n’est plus seulement anglophone, sécuritaire, elle est sociopolitique et engage désormais l’ensemble des dix régions du pays.

Je voudrais dire à mon ami Joe D que le fait qu’un Chef d’Etat soit proche et près de son peuple lui épargne trois grands maux : le détournement des deniers publics, le sentiment d’impunité, et l’inertie. Ce trio constitue un socle de la mal gouvernance tant décriée par le peuple et le Chef de l’État lui-même.

Dans la nuit du 10 au 11 février, des individus (qui sont-ils exactement ?) ont perpétré un acte ignoble en incendiant l’hôpital de district de santé de Kumba. Il s’agit d’un drame national. Un hôpital qu’il soit public ou privé est un bien public de référence à cause de son caractère naturellement sociale et humanitaire.

Des individus ont donc incendié cet hôpital et le lendemain, le Ministre de la Santé publique a péché à deux reprises. Comme il est driver connu, il a préféré annoncer, via un tweet, qu’il se rendra dans un camp militaire pour prendre part à un tournoi de football en la gloire du président de la République. Comme si cela ne lui dit rien, il n’a pas jugé utile de faire observer une minute de silence pour la mémoire des quatre morts suite à cet incendie criminel de l’hôpital.

Je ne sais pas si Valentin a déjà sa Valentine

Momokana