Festival Ngim Nu du peuple Bamendou : Plus de 50 ans après, le masque Touokah se réveille.

Publié le 01 Avr 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Le masque Touokah, dont la pièce originale se trouve exposée depuis les années coloniales au Musée du Quai Branly en France, a été présenté aux milliers de personnes rassemblées à la place royale de Bamendou à l’occasion de la 54e édition du Festival Ngim Nu 2019.

Ce masque a constitué, avec le Ngim Nu ou encore la danse fondatrice du royaume, les deux principales attractions de cette édition de la renaissance du peuple Bamendou placée sous le thème de la prospérité .

La particularité du masque, on l’a remarqué, est qu’en plus de la pièce mère, gravitent autour une dizaine de masques miniatures abordant des thématiques, complémentaires, liées à la vie: la fécondité, la protection, le travail, etc.

C’est à Bamendou, que le masque Touokah acquiert sa fonction sociale. Celui-ci est de très loin l’objet de curiosité exposé dans le musée français.

Lors de la procession samedi dernier à la place royale de Bamendou, à la suite du masque le chef du village distribuait des grains d’arachide, de maïs, des tubercules de taro aux festivaliers émerveillés et débordant de joie.

Sa Majesté Tsidie Gabriel s’explique : « vous avez la description qui vous a été faite [du masque touokah]. Son frontal, Sa couronne avec les animaux [le lézard et le caméléon], les formes de ses joues, et son nez qui par moment peut être assimilé à une verge masculine qui s’accouple à un fessier féminin; et la symbolique du geste que j’ai fait… vous voyez, je remets des grains d’arachide, des tubercules de taro, je remets des grains de maïs. Je remets tout ce que nous avons produit, de manière symbolique pour impulser le peuple de rester créatif, de rester actif dans la production de l’agriculture, et faire en sorte que cette fertilité impulse le développement de Bamendou, à travers le Ngim Nu ».

Aux journalistes, Sa Majesté Tsidie Gabriel pense que l’on ne va pas cogiter sur la copie du masque exposé au Quai Branly. « La place de cet objet n’est pas au musée du Quai Branly, mais ici. C’est ici qu’on aurait une signification utile. »

Le masque Touokah n’a pas été porté par la danse fondatrice mais par la mythique Nka dont elle est le symbole. D’ailleurs, les plus curieux parmi la foule ont certainement constaté que dix membres de cette confrérie étaient coiffés de masque miniaturisés, de sensiblement de même espèce.

Signalons que le gouverneur de la région de l’ouest, qui présidait la cérémonie était représenté par Madame Bitanga Bebga Marie Suzanne le préfet (par ordre) du département de la Menoua entourée pour la circonstance par le Vice-premier ministre secrétaire général du Comité Central du RDPC Jean Nkueté, du préfet du Boyo Fidèle Tégni, du Sous-préfet de Penka-Michel, du maire de Penka-Michel S.M. Jean Pierre Fozang Tiaze, du Maire de Yaoundé 2e ; et de deux diplomates dont le Représentant résidant de l’IAI. Une vingtaine de chefs supérieurs de la région de l’Ouest étaient également présents.

Parmi les heureux participants, le représentant résidant de l’IAI (Institut Africain d’Informatique) Armand Claude Ananda est reparti auréoler du statut de prince de la chefferie Bamendou. Il a été habillé et coiffé par Sa Majesté Tsidie Gabriel, en reconnaissance de l’opportunité offerte aux jeunes du groupement Bamendou de se familiariser avec l’outil informatique et l’internet.

« Lorsqu’on est à Yaoundé, on n’imagine pas le ressenti de certaines populations vis-à-vis des TIC. Le Chef Bamendou est un véritable chef androïde. On l’a bien vu. Il veut porter son peuple vers la modernité. Et l’IAI est disponible à assumer ce rôle d’accompagnateur du peuple Bamendou vers la modernité », a réagi Armand Claude Abanda.

Augustin Roger MOMOKANA