Riz importé : les opérateurs dénoncent des tracasseries procédurales.

Publié le 05 Avr 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Entre craintes de baisse des chiffres d’affaires et des difficultés de trésorerie, les importateurs sollicitent l’arbitrage du gouvernement.

Les importateurs de riz au Cameroun sont aux abois. Ils l’ont fait savoir lors d’un point de presse organisé le 28 mars dernier à Yaoundé.

Le secrétaire général du Groupement des importateurs de riz du Cameroun (GIRC), Jacquis Kemleu Tchabgou, a expliqué que les opérateurs ne parviennent plus à régler les factures de leurs fournisseurs. En cause : la rareté des devises au niveau des banques commerciales. Cette contrainte engendre la hausse des taux de transfert pour le paiement des marchandises des fournisseurs. Ces taux tournent autour de 10% de la valeur et en fonction des banques.
Lors de la réunion de concertation avec le ministre du Commerce le 20 mars dernier, le représentant d’Agriex relevait que leurs comptes sont certes fournis, mais ne permettent pas de payer les fournisseurs car on leur demande de payer 13 ou 14 fois ce qu’ils payaient il y a un an et demi.

Les délais d’exécution des transferts sont également très longs avec une durée moyenne de quatre semaines. Avec une telle situation, des négociations se font en dessous de table. « Vous êtes obligés de venir marchander chez le banquier pour que votre opération passe plus vite que celle de l’autre. Alors qu’on devrait tenir compte de la date de l’ordre qui a été donné », déclare Jacquis Kemleu Tchabgou.

Le GIRC dénonce aussi les délais de franchise de 11 jours actuellement pratiqués au port autonome de Douala (PAD). Malgré la réunion tenue avec le Mincommerce pour revoir ces délais qui, auparavant, étaient de 90 jours, le PAD semble ne pas infléchir sa position parce que, précise l’organisation portuaire, c’est une décision du conseil d’administration qui a fixé ces délais et il lui revient à nouveau de se prononcer sur une éventuelle révision de ceux-ci. Par ailleurs, la réduction des délais de franchise pour les sacheries a pour corollaire le paiement des pénalités de stationnement et une augmentation des charges. Car, estiment les importateurs, ces délais ne permettent pas de sortir les cargaisons du port dans l’espace de temps recommandé encore moins d’acheminer sans surcroîts ces produits dans toutes les 10 régions du Cameroun. Le GIRC estime que le passage à 11 jours a engendré l’augmentation des coûts des opérations dans l’enceinte portuaire.

Selon la nouvelle tarification, les frais de location et autres frais portuaires ont été relevés à plus de 250%. La dernière contrainte porte sur l’augmentation de la taxe « Autres charges » sur les déclarations douanières de riz. Elle est passée de 1,5% à plus de 3,14%.

Pour que ces contraintes n’influencent pas sur le relèvement du prix de cession du kilogramme de riz, le GIRC sollicite l’intervention du gouvernement (le ministère des Finances notamment) pour la mise en place d’un canal au niveau des banques commerciales et à la BEAC pour une priorisation lors des transferts et à des coûts raisonnables. Le groupement sollicite en outre une annulation de l’augmentation des frais dans l’enceinte du PAD et le maintien des délais de franchise à 90 jours. Ainsi qu’une taxation du précompte basée sur les marges dégagées et non sur le chiffre d’affaires.

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