Crise anglophone : le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra sa première réunion sur le Cameroun le 13 mai.

Publié le 06 Mai 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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À l’initiative des États-Unis, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra sa première réunion sur le Cameroun le 13 mai prochain.

Cette réunion informelle portera sur « la situation humanitaire » dans le pays. D’intervenants extérieurs pourraient y prendre part. 1,5 million de personnes serait en situation d’insécurité alimentaire au Cameroun.

Aucune déclaration ou communiqué officiel du Conseil ne sera pondu à l’issue de cette session qui, portant permettra au conseil de sécurité de prendre la mesure de la situation sur le terrain.
Le Cameroun est secoué depuis septembre 2016 par un conflit armé entre séparatistes anglophones et les autorités centrales.

Après un an de protestation sur la gestion des affaires du Cameroun, les séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Ils revendiquent la création d’un État indépendant réunissant les deux régions anglophones du pays : le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Selon International Crisis Group et les Nations Unies, le conflit a fait 1 850 morts, et contraint plus de 530 000 personnes à fuir leur domicile. Le Nigeria voisin accueille plus de 35 000 réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants.

La réunion annoncée aux Nations Unies intervient quelques semaines après qu’une enquêteuse de Human Rights Watch a été interdite d’entrer au Cameroun.

« Le gouvernement cherche à dissimuler aux yeux du monde les abus qu’il est en train de commettre, mais il n’y parviendra pas », estime Philippe Bolopion, directeur adjoint du plaidoyer mondial au sein de Human Rights Watch.

Le 12 avril, Ilaria Allegrozzi s’est vue interdire, par des agents de l’aéroport international de Douala d’entrer dans le pays. Ilaria Allegrozzi s’était pourtant vu délivrer un visa de trois mois le 25 mars.

Dans sa demande de visa, elle avait expliqué qu’elle comptait se rendre dans les régions anglophones du pays pour mener des recherches au nom de Human Rights Watch sur les abus commis à la fois par les forces du gouvernement et des séparatistes armés, ainsi que sur l’impact de la crise sur les personnes handicapées.

Lire l’article Cameroun : Une chercheuse de Human Rights Watch interdite d’entrée.

Augustin Roger MOMOKANA