GRAND DIALOGUE NATIONAL : LE DOS ROND D’AKERE MUNA ET MBOMBO NJOYA.

Publié le 01 Oct 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Le bâtonnier Akéré Muna et le sultan Ibrahim Mbombo Njoya ont fait le dos rond à Paul Biya et Chief Joseph Dion Ngute.

Les deux personnalités ont émis des idées controversées et surtout incroyables pour le parti présidentiel qui vient au dialogue avec le sentiment de grand vainqueur.

Le bâtonnier Akéré Muna a tout simplement claqué la porte au Grand Dialogue National. L’allier de Maurice Kamto à la dernière élection présidentielle du 7 octobre 2018 a posé comme préalable la libération des prisonniers politiques, anglophones et la mise sur la table des discussions la question sur la forme de l’État. « On ne peut pas parler de dialogue en l’état actuel des choses sans évoquer la forme de l’État, la libération des prisonniers anglophones et politiques s’impose. Si on ne peut pas le faire, ça veut dire que nous perdons notre temps ici à Yaoundé », a-t-il déclaré à la presse.

Pour sa part, Ibrahim Mbombo Njoya, sultan des Bamoun, s’est exprimé en ces termes : « Je continue à penser et le répète, que le problème qui se pose au Cameroun est aussi celui de l’alternance et le seul remède qui pourrait guérir le mal est :1- La révision de la Constitution ; 2- La limitation du mandat présidentiel à 2x5ans non renouvelables ; 3- L’élection à deux tours ; 4- La révision du code électoral ; 5- La décentralisation dont il faut accélérer la mise en place, dans les 06 mois qui suivent le dialogue. »

Demander la révision de la constitution, celle du code électoral, la limitation du mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois signifie ne pas être d’accord avec Paul Biya sur les dégâts d’une constitution taillée sur mesure.

Ces déclarations inattendues ont visiblement mis en difficulté le Premier ministre chef du gouvernement. Chief Joseph Dion Ngute a rappelé au sultan Ibrahim Mbombo Njoya que l’agenda du grand dialogue national avait été tracé et qu’on devrait s’en tenir à cela.

Pour sa part, John Fru Ndi est sur le point de claquer la porte, soit-disant que les propositions émises par son parti le Sdf n’ont pas été prises en compte. «Aujourd’hui, nous sommes invités à un Dialogue National dont l’agenda est bouclé à l’avance et imposé une nouvelle fois aux Anglophones en particulier et aux Camerounais en général. Il ressort des faits historiques ci-dessus énumérés, et qui sont loin d’être exhaustifs, que si nous voulons trouver une solution durable à la crise Anglophone, nous devons mettre en place une Commission de Rédaction de la Constitution qui préparera une nouvelle Constitution Fédérale pour le Cameroun », a-t-il déclaré à la cérémonie d’ouverture du Grand Dialogue National.

Pour rappel, le grand dialogue national se tient en l’absence des trois grands piliers de la crise sociopolitique que traverse le Cameroun depuis près de quatre ans. Paul Biya, Maurice Kamto, Sisiku Ayuk Tabe sont pourtant tous à Yaoundé, mais absent de ce grand débat national dont les résolutions sont très attendues à la fin de la semaine.

Augustin Roger MOMOKANA