CAMEROUN : COMPRENDRE LES DIFFICULTÉS DE LA MISE SUR PIED D’UNE POLITIQUE NATIONALE DE GESTION PORTUAIRE.

Publié le 19 Nov 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

Spread the love

La bataille judiciaire pour la gestion du terminal à containers du Port autonome de Douala (Pad) se poursuit. Elle oppose l’Etat du Cameroun au Groupe Bolloré. Ce dernier n’a pas digéré sa mise à l’écart, à l’issue du processus d’attribution, au profit de privilégié la société de droit suisse, Terminal international Limited dont l’offre a été jugé satisfaisante et bénéfique pour le Cameroun.

Selon certaines indiscrétions, les responsables des entreprises nationales qui opèrent au PAD (Port autonome de Douala), sont d’avis que sous les meilleurs auspices de TIl (Terminal international Limited), « les compétences des nationaux en matière de gestion des ports sont aujourd’hui consolidées au point où ils sont capables de gérer le PAD sans les étrangers », Banda Kani est le président du NMP (Nouveau mouvement populaire).

De là d’autres intelligences, audacieuses, estiment qu’étant donné l’hégémonie des multinationales qui exercent en l’absence d’une fiscalité conséquente -on sait qu’elles bénéficient d’un régime partiel qui ne permet d’engranger des finances nécessaires pour la construction des infrastructures économiques capables de consolider les bases de développement- rapatrient leurs profits financiers dans leurs pays d’origine respectifs sans le moindre investissement susceptible de résorber le chômage des jeunes.

Il serait nécessaire de s’appuyer sur une dynamique de construction des partenariats sur le plan interne et continental, avec des patriotes africains de la diaspora qui ont le savoir-faire nécessaire pour solutionner. Les questions d’autodétermination économique en matière de gestion portuaire.

Toutefois, un économiste relativise cette posture et laisse entendre qu’il y a un travail de fond et un suivi à faire. Le problème, c’est que, parfois, l’on aime verser dans l’exaltation de l’émotion et pas dans la tentative de régler la difficulté de fond dans le cadre de la sensibilisation des intelligences africaines par rapport à certains chefs d’État qui sont les valets des dirigeants occidentaux et à l’oligarchie néolibérale occidentale et impérialiste dans sa démarche de prédation.

Un avis que corrobore le leader du NMP pour dont la question est : « Comment allez-vous vous en sortir dans un contexte sur fond de guerre géopolitique globale impitoyable, quand vous avez des partis politiques qui travaillent pour l’étranger? La stratégie des impérialistes en matière de géopolitique et géoéconomique est simple : ils créent des partis politiques à l’intérieur, des fausses sociétés civiles, des forces religieuses, un faux patronnât ; mettent des hommes liges à la tête des États, qu’ils financent et managent pour brouiller l’horizon politique du pays. »

André banda Kani de renchérir: « Regardez comment les responsables de nos partis politiques dits d’opposition et le patronnât ont été reçus par le Drian dans une dynamique temporaire de deux minutes de temps de parole. Quand on veut une chose, l’on se donne les moyens pour l’avoir. Tant que les africains n’assumeront pas la culture géopolitique et ne s’organiseront pas pour imposer des changements panafricanistes dignes de ce nom, les lignes ne bougeront pas. »

Le leader d’opinion, désappointé, révèle en sus : « nous avons été » à l’avant garde de ce combat, ce n’est pas l’Etat du Cameroun qui « nous a combattu », mais les forces politiques et la société civile, financées par l’occident qui sont debout contre le mouvement panafricaniste. Donc, il faut chercher les ennemis ailleurs. Les enjeux sont nombreux au PAD. Néanmoins il faut continuer à se battre, c’est dire, offrir le Port à l’entreprise qui offre le plus d’avantage au Cameroun et pour le moment c’est TIl. « Nous sommes » contre Bolloré et son projet lugubre pour l’Afrique.

Contestant la régularité de l’appel d’offre qui a conduit à son éviction du PAD, la multinationale a saisi la justice pour se faire entendre raison. Des patriotes résolus qui montent au créneau le 6 novembre 2019 à l’occasion de la célébration du 37ème anniversaire de Paul Biya à la magistrature suprême exigent que le droit soit dit. Afin que l’on sorte de l’escarcelle de la France-Afrique, prédatrice des ressources des peuples africains libres.

AZAP NDONGO