CAMEROUN : POURQUOI LES ÉLÈVES DU LYCÉE DE DJALINGO ONT-ILS INCENDIE LE VÉHICULE DE LEUR PROVISEUR ?

Publié le 20 Nov 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Les élèves du Lycée de Djalingo, dans l’arrondissement de Garoua 3e, département de la Benoué, région du nord avaient le macabo de leur proviseur, et ils le lui ont servi lundi 18 novembre.

Non seulement les élèves ont incendié le véhicule de leur proviseur, mais ils ont également mis sens dessus dessous quelques bureaux du Lycée de Djalingo.

Le mouvement d’humeur à l’origine de l’incident fait suite à la mort survenue deux jours plus tôt d’un censeur du Lycée de Djalingo dont les circonstances du décès demeurent floues, aux yeux des élèves.
En effet, dans la journée du samedi 16 novembre 2019, le censeur Andjé Awong Arthur est conduit à l’hôpital régional de Garoua où il décède quelques temps après.

Contre toute attente, les élèves pointent leurs doigts accusateurs sur la personne du proviseur du lycée de Djalingo dont ils sont les pensionnaires. Pour justifier leur position, ils soutiennent que ce énième décès vient grossir le nombre de deux morts déjà enregistrés dans cet établissement secondaire.

Le proviseur Taimou Adji serait coupable de ce qui arrive aux enseignants du lycée dont il a la charge. Deux enseignants déjà décédés, de nombreux autres victimes de fractures, et voici qu’un censeur vient de rallonger la liste des victimes.

Comment on en est arrivé à un mouvement d’humeur ?

Lundi matin, comme à l’accoutumée, le lycée de Djalingo s’est réuni pour la traditionnelle levée des couleurs. Une minute de silence est observée en la mémoire du censeur disparu. Tout s’est bien passé jusqu’au moment de l’exécution de l’hymne nationale, lorsqu’un groupe d’élèves se rapproche du proviseur pour exiger qu’il apporte des explications sur cette mort qui rode dans le lycée, notamment le décès du censeur Andjé Awong Arthur.

Voyant la tournure que prend l’affaire, des enseignants volent au secours de leur boss qu’ils réussiront d’escorter jusque dans la salle des professeurs. Pendant cette exfiltration, le désordre s’installe dans le lycée.

« Il a fallu attendre l’arrivée des forces de maintien de l’ordre pour que l’ordre soit enfin rétabli », témoigne une source citée par notre confrère ÔCameroun.info.

Grâce à l’intervention musclée des éléments du GMI N° 3 (groupement mobile d’intervention) et la médiation de Madame le Sous-préfet de l’arrondissement de Garoua 3e, le calme est restauré dans le campus, et une réunion de crise est aussitôt convoquée qui réunie autour de la table les autorités administratives et les parents d’élèves. Les élèves quant à eux sont renvoyés au quartier.

A l’issue de la réunion le bilan du mouvement d’humeur est plausible : une voiture appartenant au proviseur incendiée, des bureaux vandalisés, un policier blessé par projectile, 04 élèves interpellés pour être entendus dans le cadre de l’enquête ouverte à l’effet d’apporter la lumière sur cette affaire, le campus placé sous protection policière.

Selon notre source, le proviseur exfiltré du campus par la police et qui a été accompagné à son domicile est un homme traumatisé. « J’avoue n’avoir pas vu tout ceci venir et je ne sais pas sur quoi ces élèves s’appuient pour m’accuser. En tout j’attends impatiemment les conclusions de l’enquête en cours et je remets tout entre les mains de Dieu. Il saura rétablir la vérité », affirme-t-il.

Source: ÔCameroun.info.