CAMEROUN : LE MINISTRE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE DESTITUE SA MAJESTÉ BILOA EFFA.

Publié le 06 Déc 2019 par Augustin Roger MOMOKANA

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Le ministre Paul Atanga Nji a destitué le chef de 3e degré de Messa Nkoba’a, dans l’arrondissement de Yaoundé II. La décision est tombée vendredi 06 décembre en mi-journée, via un communiqué lu sur les antennes de la radio nationale, Crtv.

Les raisons avancées par Paul Atanga Nji sont triples : instigation et incitation à l’insurrection, insubordination caractérisée à l’endroit des autorités administratives, participation active à une manifestation interdite.

Monsieur Biloa Effa est à la tête du quartier Messa Nkoba’a depuis le 11 mars 1987, date de l’homologation de sa désignation comme chef de 3e degré de cette localité.

Pour l’opinion publique, les raisons évoquée par le ministre de l’administration territoriale sont plutôt dues à l’engagement actif de cette personnalité traditionnelle en faveur du MRC (mouvement pour la renaissance du Cameroun) du professeur Maurice Kamto.

Après la « marche blanche » du 26 janvier, à l’issue de laquelle Biloa Effa et de nombreux cadres du MRC dont le président Kamto ont été arrêtés et jetés en prison pour 8 mois, ce parti vient de récidiver dans sa détermination à pousser le régime dehors.

Le MRC a décidé de ne pas se présenter aux élections législatives et municipales du 09 février 2020. En même temps, le MRC a lancé un appel aux camerounais afin qu’ils restent chez eux le jour des élections. En protestation contre le système électoral, et l’organisation des élections alors que la paix n’est pas encore revenue dans le NOSO.

La décision du ministre de destituer un chef traditionnel qu’il n’a pas nommé soulève la question des rapports entre l’administration et les chefs traditionnels dont la désignation est testamentaire pour les uns et populaire pour les autres.

Ce qui est connu de tous les Camerounais, c’est que les chefs traditionnels « arrêtés » ou « choisis » sont approuvés par les sous-préfets pour les chefs de 3e degré, et les préfets pour ceux du 1er et 2e degré. Cette tradition prescrite par le décret de 1977 organisant des chefferies traditionnelles a souvent ouvert la porte à ces représentants de l’Etat de pratiquer des torpiller la volonté des populations ou des défunts rois.

Augustin Roger MOMOKANA