Management associatif : un nouveau challenge qui s’impose à l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang.

Publié le 09 Nov 2020 par Augustin Roger MOMOKANA

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«Je vais regarder tout ce qui se passe à partir d’aujourd’hui. On doit abandonner le travail amateur pour être dans le professionnalisme. J’attends des membres du comité une exemplarité totale». Yann LORVO est le conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France à Yaoundé. Il a séjourné à Dschang jeudi dernier, dans le cadre d’une rencontre avec les membres de l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang (AFCD).

Il faut absolument revoir le mode de gestion de l’AFCD. Abandonner l’amateurisme pour s’inscrire à l’école de du professionnalisme. Telle est l’exigence de la charte qualité en vigueur au sein du réseau membre de la Fondation Alliance Française.

Le message du COCAC, à la fois au conseil d’administration et à la direction, est clair et non négociable. D’ailleurs, derrière cette rencontre du jeudi 5 novembre 2020 transpire une menace. Cette de retirer à l’AFCD le label Alliance Française. Pour montrer pattes blanche l’AFCD bénéficie d’une période d’un an pour s’arrimer aux valeurs promues par la Fondation Alliance Française. Période pendant laquelle elle sera assistée par un auditeur mis à disposition par l’Ambassade de France.

« Je ne suis pas venu pour plaire ni pour décevoir. Je suis venu pour travailler avec vous. Et on ne doit pas travailler n’importe comment. Si je ne vois pas les changements, je demanderai la démission du comité [Conseil d’administration, ndlr]. Et si cela persiste je demanderai de vous retirer la marque ».

Yann LORVO revendique 25 années de sa vie professionnelle au service de l’Alliance Française. Un engagement qui l’a conduit en Afrique et en Amérique où il a parfois été un médiateur pour les uns, un chargé de mission de redressement pour d’autres.

Ce que la Fondation Alliance Française reproche à l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang c’est sa « gestion peu convaincante », l’absence de « procédure », et un « travail amateur ». Autant de griefs qui favorisent des sorties de fonds non justifiées, des pièces de justifications non-conformes, de cas de fraudes aux examens certificatifs, etc.

Yann LORVO, Albert DONGMO TSOBENG et Jean Willy EKOM se sont donc accordés sur un principe: « le président préside, le directeur dirige, les enseignants enseignent, les étudiants étudient ». Si chacun est à sa place, la mal gouvernance tant décriée ne sera plus qu’un triste souvenir.

Parce que le trio travaille pour « l’amitié franco-camerounaise », il est interdit, dorénavant, que le comité dirige, faisant du directeur un simple exécuteur d’ordres. Toutefois le conseil d’administration approuve ou modifie le projet à lui soumis par le directeur.

« Il y a eu des fraudes sur les examens. Elles ont été détectées. L’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang a été suspendue pour les certifications», a souligné YANN LORVO qui a conclu que des efforts sont faits afin que la suspension soit levée en février 2021. La potion prescrite à l’AFCD repose sur des indicateurs de performance, à l’instar d’un manuel de procédures.

A tous ceux qui se battent comme des félins pour prendre en main le Conseil d’administration, l’engagement est bénévole. Finie donc l’époque de l’engraissement à volonté. Finie l’époque de l’impunité. L’AFCD est désormais dans un train du management associatif. Table rase est faite sur les manquements révélés par l’audit commandé par l’Ambassade de France. Parce qu’on suppose que les personnes étaient ignorantes des règles de la gestion. On repart donc sur de nouvelles bases.

Augustin Roger MOMOKANA