Société – Communauté Foto de Yaoundé : ça ne va plus entre le chef supérieur et sa communauté.

Publié le 19 Avr 2021 par SINOTABLES

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Les ressortissants du groupement Foto résidant dans la ville de Yaoundé et ses environs sont réunis au sein d’une association dénommée Communauté Foto de Yaoundé et ses environs, en abrégée COFOYE.

« Le Chef supérieur Foto dérange. Il a mis la communauté de Yaoundé sous tension. Il veut nous contrôler à travers un pion. Nous n’acceptons pas cela. Il ne connaît pas nos réalités. On n’est pas ici au village. Qu’il se remémore un peu de l’histoire de l’association des élèves et étudiants Foto.» Cette révélation sous anonymat est symptomatique de crise qui oppose le roi des Foto à son peuple installé à Yaoundé et ses environs.

Sa Majesté MOMO SOFFACK 1er est à couteau tiré avec sa communauté de Yaoundé. Au sujet de la désignation d’un chef de la communauté. Nommer son représentant à Yaoundé ? Cela passe sans faute. Faire de son représentant le chef de la communauté ? Personne ne veut de cette la pilule.

La volonté de Sa Majesté est perçu à Yaoundé comme une tentative de contrôler la communauté de « Yaoundé et ses environs » en désignant à sa tête un homme de main qu’il pourra faire marcher comme il pense, comme il veut, y compris contre les intérêts de la communauté.

Pour exprimer leur ras-le-bol, « les trois réunions convoquées le week-end dernier ont accouché d’une souris. Les élites, les présidents des réunions, et les chefs de familles ne se sont pas mobilisés pour répondre à l’invitation de Sa Majesté ». Une attitude que le roi des Foto s’est refusé d’analyser pour en tirer les conclusions nécessaires pour la cohésion de son groupement.

Sa Majesté MOMO SOFFACK 1er, contre toute attente, a commis un communiqué avec ampliation au préfet du Mfoundi et aux Sous-préfets de Yaoundé. Dans ce communiqué, sa majesté indique : « dans le souci de rétablir l’harmonie et la cohésion au sein de la Communauté, les mesures conservatoires suivantes sont prises : 1- suspension de tout processus visant à élire un éventuel chef de la Communauté (…) »

Sauf qu’en retour, la communauté n’a pas reculé face à la menace de Sa Majesté. Elle s’est réunie le 14 avril 2021 pour désigner leur chef de communauté. Une « élection à la pape » que l’huissier envoyé par le chef supérieur pour constater l’ « infraction ». Sur les 1728 votants, le candidat TIBA Denis a récolté 1714 voix pour. Soit un plébiscité de 99,33%. Il est ainsi reconduit à la tête de cette association dénommée Communauté Foto de Yaoundé et ses environs (COFOYE).

« Cette élection est un message de la communauté à sa majesté. Il doit nous laisser gérer nos affaires comme nous l’avons toujours bien fait jusqu’ici. La communauté ne peut pas accepter de lâcher un digne fils qui a tout fait pour elle. Sa Majesté semble ne pas voir ses exploits dont le foyer communautaire et l’unanimité qui se dégage depuis qu’il a pris les choses en mains. Il veut seulement nous imposer un groupuscule de courtisans sans ambitions pour la communauté. C’est ça ! »

D’ailleurs les réactions n’ont pas tardé avant de tomber. La communauté Fonakeukeu de Yaoundé salue l’élection de TIBA Denis en ces termes : « les Fonakeukeu de Yaoundé en général, et les membres de l’association des ressortissants Fonakeukeu de Yaoundé (ARFY) en particulier, joignent leurs voix à celle de leur président pour adresser les vives félicitations au nouveau chef de la communauté Foto de Yaoundé et ses environs, élu au soir du 14 avril 2021 à l’écrasante victoire de 1714 voix sur les 1726 valablement exprimées, soit 99,3%. Ils tiennent également à rassurer le chef de leur ferme disponibilité à l »accompagner et le soutenir partout où besoin sera »

A l’heure qu’il est la communauté a décidé de « boycotter Sa Majesté ». Trois questions taraudent les esprits : le chef supérieur du groupement Foto maintient-il son rendez-vous du 12 mai 2021 avec la communauté Foto de Yaoundé ? Quelle carte va-t-il abattre pour soigner son image ? Le représentant récemment désigné par Sa Majesté va-t-il jeter l’éponge au nom de l’intérêt de la communauté ?

Augustin Roger MOMOKANA