Coup d’Etat en Guinée : le président Alpha Condé renversé par les militaires conduits par le Lieutenant-Colonel Mamady Doumbia.

Publié le 05 Sep 2021 par SINOTABLES

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Le colonel Mamady Doumbouya, commandant des Forces spéciales de la Guinée, est le nouvel homme fort de Conakry. Il a renversé ce dimanche 5 septembre 2021, le président élu, professeur Alpha Condé.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 5 septembre 2021.

Un groupe de militaires conduits par le Colonel Mamady Doumbouya a pris le pouvoir ce dimanche, après avoir arrêté Alpha Condé dans son palais à Kaloum.

La junte qui prend pour appellation Comité National de Rassemblement et du Développement a annoncé la dissolution de la constitution, la dissolution du gouvernement, la dissolution des institutions, la fermeture des frontières terrestres.

Dans un discours télévisé, chef de la junte militaire, le colonel Mamady Doumbouya dénonce la gabégie financière, la politisation à outrance de l’administration publique, la pauvreté et les corruptions endémiques institutionnalisées par le régime de Alpha Condé.

« La personnalisation de la vie politique est terminée. Nous allons mettre en place une transition transparente et inclusive. Nous allons mettre en place un système qui n’existe pas. Ce système, il faut qu’on soit tous ensemble », annonce le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya.

Qui est le Colonel Mamady Doumbouya

C’est un officier breveté de l’École de guerre, avec à son avantage plus de quinze années d’expérience militaire acquises dans les missions opérationnelles, notamment en Afghanistan, Côte d’Ivoire, Djibouti, République Centrafricaine ; et de protection rapprochée Israël, Chypre, Royaume-Uni, Guinée.
Le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya était au service de l’armée française, légionnaire, jusqu’en 2018 lorsqu’il a été rappelé et nommé à la tête du Groupement des Forces Spéciales (GPS), une unité d’élite de l’armée guinéenne.

Cette année, le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya a le Groupement des forces spéciales moins dépendant du ministère de la Défense nationale. Une entreprise mal vue par les autorités de Conakry. En mai dernier, il avait même été annoncé arrêter. Il n’en était rien.

Pour qui ce grand Malinké de Kankan a-t-il décidé de renverser les institutions de l’Etat. Les Guinéens qui exultent aujourd’hui voudraient bien le comprendre. Pourvu que ce ne soit pas pour les servir les causes occidentales.

Une vidéo devenue en boucle sur les réseaux sociaux montre des éléments des Forces spéciales entourant le président Alpha Condé, 83 ans, au pouvoir depuis 11 ans. Le Chef de l’Etat semble avoir été brutalisé.

Pour rappel, le président déchu, Alpha Condé, a été réélu en 2020 pour un troisième mandat après une révision de la Constitution très controversée.

La Guinée de la Junte militaire

« Nous avons décidé à partir de l’instant de dissoudre la constitution… Nous allons rassembler les quatre régions, les Guinéens de l’étranger tous ensemble ici, nous allons mener des consultations inclusives pour décider de l’avenir de notre pays. La personnalisation de la vie politique est terminée. Nous allons mettre en place un système qui n’existe pas, et ce système, il faut qu’on le fasse tous ensemble. Il y a eu beaucoup de morts, beaucoup de blessés, beaucoup de larmes, alors qu’on aime tous la Guinée. Donc, je pense qu’il est temps pour nous de se comprendre de se donner la main, de s’associer, d’écrire une constitution qui est adaptée à nos réalités afin de régler nos problèmes. Parce que si vous voyez l’État de nos routes, de nos hôpitaux, vous vous rendez compte qu’après 62 ans, il est temps pour nous de se réveiller. Il faut qu’on se réveille, qu’on se donne la main et qu’on s’aime comme on a l’habitude depuis », a déclaré le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, l’auteur du coup d’État.

De nombreuses réactions fusent des quatre coins du monde. L’Union Africaine a convoqué une réunion de son conseil de sécurité à l’effet de prendre des mesures urgentes. Elle a demandé la libération immédiate du président déchu.

Augustin Roger MOMOKANA