Célébrations : 90ème bougie pour l’Hôpital Laquintinie de Douala.

Publié le 01 Déc 2021 par SINOTABLES

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L’Hôpital Laquintinie de Douala, du nom du médecin capitaine français Jean LAQUINTINIE, célèbre son 90e anniversaire du 28 novembre au 02 décembre 2021.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 1er décembre 2021.

Cet événement sous le Très Haut Patronage du Président de la République annonce, entre autres, une grande campagne de consultations gratuites, ainsi que la remise des décorations aux personnels.

L’occasion de cet anniversaire permet aux usagers de dénoncer les manquements à la solde de cet hôpital de 2e catégorie. Le drame le plus présent dans les esprits des camerounais et de la communauté internationale demeure, et sans doute le plus retentissant aussi, demeure celui de Monique KOUMATEKEL.

En effet, le 13 mars 2016, grâce à des photos à vidéo postées sur les réseaux sociaux, le monde entier a pu constater jusqu’à quel niveau la conscience professionnelle a foutu le camp à l’Hôpital Laquintinie de Douala.

Cette dame, enceinte et agonisante, n’a pas trouvé personne pour s’en occuper. De sorte que la cousine et garde malade a résolu de prendre la lame de rasoir pour l’éventrer afin de sauver les jumeaux.

Le film présente une femme enceinte, couchée sur le parvis d’un hôpital. Une femme, celle qui l’accompagnait a ouvert à l’aide d’une lame de rasoir pour en extirper deux fœtus. Cela se passe dans l’un des plus grands hôpitaux du Cameroun.

Le ministre de la santé, André MAMA FOUDA, avait lamentablement justifié ce drame par le fait que Monique KOUMATEKEL était arrivée dans la malle arrière d’un taxi et morte. Que pour des raisons traditionnelles sa nièce a décidé d’ouvrir son ventre parce qu’on n’enterre pas une mère avec des fœtus dans le ventre.

Au moment où l’hôpital Laquintinie souffle sur sa 90ème bougie d’anniversaire, l’opinion pense que l’occasion est venue de rendre justice à cet hôpital. Doit-on le rebaptiser au nom de Monique KOUMATEKEL ? Ou alors rebaptiser le pavillon sur le parvis duquel ce drame s’est produit du nom de la victime ?

Peut-être la deuxième hypothèse, pour ne pas entièrement effacer l’histoire ce cet hôpital.

Jean LAQUINTINIE est né le 26 septembre 1909 à Orléans en France. Après sa thèse de médecine et son stage d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille, il est envoyé en février 1936 au Cameroun en qualité de lieutenant médecin. Il officie pendant deux ans à l’hôpital d’Efok où il fait la connaissance de Louis Paul AUJOULAT qui vient de créer la Fondation Ad Lucem.

En 1938 il retourne en France pour se spécialiser en chirurgie. Lorsque la deuxième guerre mondiale est déclenchée il est promu Médecin capitaine. En 1940, il est renvoyé au Cameroun et cette fois-ci à l’hôpital Indigène de Douala en qualité de médecin-chef.

Il entre à l’École du Service de santé militaire de Lyon en octobre 1929. En 1933, il soutient sa thèse de médecine et, l’année suivante, entre en stage à l’École d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille.

En janvier 1940 il repart pour le Cameroun et est affecté d’abord comme médecin chef à l’hôpital indigène de Douala ; avant d’être envoyé par la suite au 1er Régiment de tirailleurs du Cameroun. Ainsi il prend part à la campagne du Gabon jusqu’au 15 novembre 1940.

En décembre de la même année il est appelé par le commandant Leclerc pour la campagne de Libye. Il y tombe malheureusement malade de paludisme. Malgré son état de santé dégradant il organise, en tant que chef de l’antenne médicale de Largeau au Tchad, le service chirurgical de la Colonne Leclerc en préparation des opérations de Libye en février 1941.

Alors que la Colonne Leclerc remporte sa victoire avec la prise de Koufra, son état de santé de détériore et il est évacué à Yaoundé où il rend l’âme en 1941.

« Pour sa mémoire, les autorités coloniales françaises rebaptiseront l’HÔPITAL INDIGÈNE DE DOUALA en HÔPITAL LAQUINTINIE de la même ville, nom qui n’a pas changé après les indépendances », dit Docteur Roger ETOA, un médecin qui a écrit un portrait de Jean LAQUINTINIE.

Augustin Roger MOMOKANA