Cameroun : A quoi vont ressembler les nouvelles universités créées par le président Paul Biya ?

Publié le 05 Jan 2022 par SINOTABLES

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Un décret présidentiel en date du 3 janvier créé les universités de Bertoua, Ebolowa et Garoua. Il s’agit de la promesse du président de la République dans son message de vœux au peuple camerounais le 31 décembre dernier. Désormais sont attendus les décrets organisant ces nouvelles universités d’État. Le Cameroun en compte 11 dont deux à Yaoundé.

Cet article a été rédigé par Augustin Roger MOMOKANA pour le compte du journal en ligne Sinotables. Date de la mise en ligne 5 Janvier 2022.

En attendant les marches de soutien au président de la République et chef de l’Etat qui, dans son message de vœux à la Nation le 31 décembre dernier, a annoncé la création imminente de 3 nouvelles universités d’État, il est bien de se poser la question sur les orientations qu’il voudra donner à ces universités.

« (…) j’ai pris la décision de créer des universités d’État dans les trois régions de notre pays, qui n’en sont pas encore pourvues. Il s’agit de l’Est, du Nord et du Sud. D’autres infrastructures suivront, notamment dans les secteurs aéroportuaire, industriel et routier, afin de faire de chaque région un véritable pôle de développement. »

Paul BIYA que le ministre de l’enseignement supérieur, le professeur Jacques FAME NDONGO assimile à Dieu, sait que créer des universités calquées sur celles dont notre pays serait un véritable gâchis. Il serait intéressant de penser à l’ambleur du chômage de la jeunesse, à l’inadéquation entre les formations et les emplois qu’offrent les huit universités d’État actuelles pour assigner une nouvelle mission aux institutions en vue.

Des universités orientées vers les technologies et des métiers pratiques. Il en faut une vingtaine au Cameroun pour sauver la jeunesse du chômage. Pourquoi ne pas créer une université spécialisée dans les sciences et technologies? Pourquoi pas une autre spécialisée au management et marketing ? Pourquoi pas une université des sciences de la santé ? Et ce ne sont que des angles d’approche pour permettre aux décideurs de comprendre la nécessité de voir les choses autrement.

Parce qu’un pays ne se développement pas seulement grâce aux docteurs PhD, mais par la capacité de ses écoles été universités à produire des créateurs d’entreprise, à fournir aux entreprises les compétences pratiques dont elles ont besoin pour participer à l’œuvre de construction du pays.

L’urgence de sortir le Cameroun du culte de la diplomite pour le basculer dans celui du savoir-faire s’impose. De nombreux pays, ceux que nous suivons avec une maladresse impériale, l’ont déjà compris. L’enseignement professionnel a pris le pas sur l’enseignement général.

Il s’agit de saisir l’opportunité présente pour offrir aux élèves de l’enseignement technique l’occasion de suivre des études supérieurs, de permettre également aux cadres d’entreprise de pouvoir au cas où ils le souhaitent poursuivre mener des recherches pour accroître leurs capacités de rendement.

Évitons de faire en sorte que la nouvelle université camerounaise devienne un lycée supérieur.La multiplication des lycées à travers le pays a contribué à la baisse du niveau des élèves, à la crise de l’éducation au Cameroun. De nombreux lycées techniques ne disposent pas d’ateliers pour les enseignements pratiques, de nombreux lycées d’enseignement général n’ont pas d’enseignants qualifiés. La réalité est difficile à croire, pourtant elle est là.

Augustin Roger MOMOKANA