Phrase du jour : « Le Cameroun n’est pas mon pays, c’est le pays de mon père. »

Publié le 15 Avr 2022 par SINOTABLES

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« Le Cameroun n’est pas mon pays, c’est le pays de mon père. Je suis né en France, j’ai grandi en Angleterre et je ne ressens aucun lien avec ce pays. Ce n’est pas parce que mon père a joué pour le pays, que je dois le faire. Je ne me sens pas Camerounais. La seule chose qui me lie à ce pays, c’est ma famille. C’est pourquoi, vous n’allez jamais me voir avec un équipement du Cameroun. Je vais, probablement, jouer pour la France.»

Nolan SONG est un apprenti footballeur à qui les internautes prêtent un talent extraordinaire. Agé de 16 ans, le fils d’Alexandre SONG, un ancien joueur des lions indomptables est un apatride. Le sociétaire de ( ?) répondait ainsi à ses amis sur le réseau social Instagram à propos de ses choix s’il était contacté pour rejoindre l’équipe nationale du Cameroun qualifiée pour la Coupe du Monde Qatar 2022.

Déracinement, hybridation, apatridie = on ne comprend rien ou on ne sait où l’on va. Dans un monde où le rêve de tout sportif est de porter un jour le maillot de l’équipe nationale de son pays. Pas le pays adoptif. Le pays de leurs origines.

Nos enfants nés ou élevés à l’étranger, dans les règles et les cultures opposées à celles à celles de leur pays d’origine sont créatures des êtres à plaindre et à redouter. Le problème pourrait se poser en termes de questionnement sur l’éducation qu’ils ont reçue de leurs parents, sur la nature des liens affectifs avec leur pays d’origine. Les parents, nos frères et sœurs qui vivent avec leur famille en occident, devront veiller à ce que leurs enfants aient un lien régulier fort avec la culture de notre pays. Il est très important d’amener les enfants à connaître et à aimer leurs origines. Cela est possible par les rapports avec la famille restée au pays, par la soumission à la gastronomie typique du pays de leurs ancêtres, par la fréquentation des familles amies qui ont également un souci profond de leurs racines, par la limitation ainsi que la bonne gestion des amitiés issues des cultures opposées, par des voyages au pays afin de se reconnecter profondément avec les grands-parents, les cousins et les oncles. Ils doivent faire briller leurs origines à leurs enfants. Leur montrer qu’ils n’ont pas de patrie plus grande et plus attachante que celle qui a vu naitre et qui a offert à leurs parents d’être en vie.

Parcourez nos villages, ils fourmillent de résidences et de châteaux en délabrement parce que tous les enfants sont à l’étranger. Ils ont renié leur village pour adopter le pays d’autrui. En envoyant leurs enfants étudier à l’étranger, les parents avaient oublié ce facteur risque qui est le déracinement. Et il y en a qui le sont au point où rendre une visite de courtoisie à leurs parents est un impossible. Soit parce qu’ils trouvent leurs origines primitives, pauvres, emmerdantes, invivables, déconnectées du monde dans lequel ils évoluent ; soit parce qu’ils sont victime de la pression imposée par leur pays d’adoption. J’ai assez souvent rappelé à mes amis exilés avec leurs familles que leur responsabilité est qu’en voulant éviter à leurs enfants un avenir incertain, ils leur ont servi sur un plateau en or l’acculturation qui pourra un jour leur être plus préjudiciable que la pauvreté ambiante au pays. Tandis que certains jurent qu’ils retourneront aux pays pour le restant de leur vie, d’autres croient ne plus être capables de vivre dans une Afrique pauvre où la famille est un fardeau à porter pour eux qui ont travaillé dur pour économiser ce qui leur permettra de passer leur retraire à l’abri de tout besoin. Contrairement à ces deux catégories, d’autres me trouvent plutôt ridicule et « incapable ». Pourtant ils n’ont pas oublié la philosophie inébranlable de nos aïeux : Nulle n’a le droit d’être heureux tout seul. Ce que je possède appartient aussi un peu aux miens. Il ne s’agit aucunement d’encourager la paresse, mais rappeler à chacun le devoir de solidarité vis-à-vis de l’autre. En attendant de voir à quoi nos enfants apatrides deviendront quand le pays d’accueil voudra encenser ses fils de souche, certains de nos parents continuent de militer au sein de l’Association des parents d’enfants en Occident.

« Le premier héritage qu’un père puisse léguer à sa progéniture, c’est, sans conteste, la nationalité de son pays d’origine, comme cela se passe, d’ailleurs, depuis des générations. »

Augustin Roger MOMOKANA

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