La phrase du jour : «ni les menaces, ni les intimidations, ni les enlèvements, ni les assassinats ne marcheront cette fois » : Farida Nabourema.

Publié le 06 Mai 2022 par SINOTABLES

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« Je voudrais que ce message arrive aux oreilles de tous les autres dirigeants africains qui continuent de jouer le jeu de la France, qui continuent d’aider la France à piller ce continent, à s’imposer sur ce continent. Le changement viendra et il a commencé par le Mali. Et il n’y a absolument rien, ni les menaces, ni les intimidations, ni les enlèvements, les achats de conscience, les assassinats ne marcheront cette fois et n’arrêtons les peuples africains dans leur élan pour la liberté. La France est entrain de vivre son déclin et notre génération s’assurera que chaque goutte de sang versée par nos ancêtres, nos parents, nos grands-parents soit vengée par le départ de la France du continent africain.»

Farida NABOUREMA est une voix africaines des plus tranchantes et prometteuses de la lutte contre le néocolonialisme. Cette jeune togolaise, à travers ses vidéos réveille la conscience des peuples africains à travers l’exposition des faits historiques tenus secrets, les combats et les attitudes malveillantes de certains fils du continent.

La décision prise le 2 mai 2022 par les dirigeants actuels du Mali de rompre les accords militaires et de défense d’avec la France n’est pas du tout fortuit comme certains pourraient le penser. Elle découle de la volonté de cette génération de dirigeants, conduite par le Colonel ASSIMI GOÎTA, de rendre un vibrant hommage à ces maliens massacrés, violés, tués, humiliés et asservis par l’armée française coloniale lors du siège de Sikasso le 1er mai 1898.

En effet, le 1er mai 1898, un certain Colonel René Marie Michel Alexandre AUDEOUD dirige les opérations commandées par Joseph GALLIENI en vue de la prise de Sikasso (capitale du royaume Kènèdougou qui couvrait le Mali actuel). Face à la rage des hommes du Colonel AUDEOUD, le roi BA BEMBA s’est suicidé. Une façon pour lui de refuser de se soumettre pour devenir l’esclave de l’homme blanc qui voulait l’utiliser pour atteindre son rival à la tête de l’empire du Wassoulou (Guinée). Une fois le royaume conquis, il est rebaptisé Soudan.

La France, dans sa guerre contre le royaume de SAMORY TOURE, avait décidé d’installer une base militaire dans Sikasso. Une demande rejetée par BA BEMBA. A cette époque, les deux royaumes se livraient pourtant une rivalité sans concessions.

« Après le siège, l’assaut. Ba Bemba se tue. On donne l’ordre du pillage. Tout est pris ou tué. Tous les captifs, 4000 environ, rassemblés en troupeau. Le Colonel Audeoud commence la distribution. Il écrivait lui-même sur un calepin puis il a renoncé lui-même en disant « partagez-vous cela ! ». Le partage a eu lieu avec disputes et coups. Chaque Européen a reçu une femme à son choix. On a fait au retour des étapes de 40 kilomètres avec ces captifs. Les enfants et tous ceux qui étaient fatigués sont tués à coups de crosse et de baïonnette. Les cadavres étaient laissés aux bords des routes. Une femme est trouvée accroupie, elle est enceinte. On la pousse à coups de crosse. Elle accouche debout en marchant, à couper le cordon, à abandonner l’enfant sans se retourner pour voir si c’était un garçon ou une fille. » Ce passage est un témoignage d’un militaire français qui faisait partie de l’expédition de l’armée française sur Sikasso.

Augustin Roger MOMOKANA

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