Cameroun – Suisse : clôture du cycle de recherche sur l’agriculture urbaine à base du compost.

Publié le 16 Mai 2022 par SINOTABLES

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L’atelier de clôture de la recherche sur la promotion de l’agriculture urbaine au Cameroun et en Suisse (Projet AgriCom 2020 -2022) s’est tenue les 12 et 13 mai à l’International House de l’Université de Dschang sur le thème : « Promouvoir l’agriculture urbaine à base du compost : quelles recommandations pour les politiques publiques ? »

Coordonné par le professeur Aristide YEMMAFOUO, chef de département de Géographie de l’Université de Dschang, cet atelier a réuni trois grands groupes d’acteurs : les collectivités territoriales décentralisées, les Sectoriels de l’Etat, les organisations de la société civile spécialisées et les producteurs agricoles.

Après les restitutions des fruits de leurs recherches par Dr Eric MOYE KONGNSO (Université de Dschang) et Dr Rolande Christelle MAKAMTE KAKEU – TARDY (Université de Lausanne), trois panels ont pris le relais. Sous la supervisions des professeurs René VERON (Université de Lausanne) et Marlyne SAHAKIAN (Université de Genève).

Contrairement à la ville de Dschang où le tri dans les ménages demeure une préoccupation les déchets ménagers sont transformés en compost pour des besoins de l’agriculture biologique, la ville de Lausanne « privilégie la biométhanisation et l’incinération pour produire du gaz ou de l’électricité.»

Les collectivités territoriales décentralisées (Mbouda, Dschang, Foumban, Bonalea) ont, à tour de rôle, exposé leur politiques et stratégies de gestion des déchets, et surtout l’impact de leur compost sur l’agriculture. De Dschang l’on a appris que les gros consommateurs de son compost se trouvent plutôt dans les régions du Littoral (grande plantations industrielles) et dans la région du centre.

Les sectoriels de l’Etat (Ministère de l’Agriculture et du développement rural, Ministère de l’Habitat et du Développement urbain, ministère de l’Environnement et de la protection de la nature) sont impliqués, mais pas assez, par les collectivités territoriales décentralisées dans leur processus de gestion des déchets. Au MINDHU on se réjouit la disponibilité des Plans d’occupation des sols, mais on regrette le fait qu’aucune commune n’a sollicité l’accompagnement de l’Etat. A l’Environnement la cohabitation des sites de compostage et des écoles ou habitations est un véritable casse-tête. Au MINADER le compost est encouragé dans la pratique de l’agriculture; mais curieusement le gouvernement continue de distribuer de l’engrais chimique aux paysans lors des comices agropastoraux et autres situations d’accompagnement. Et qu’il fixe que 10% d’intrants agricoles soient organiques.

« Former n’est pas suffisant, il faut montrer, il faut expérimenter. Il faut trouver des personnes qui font de bonnes pratiques et mettre en évidence ces personnes, leurs manières de faire ; inciter les gens à venir mettre leur main à la pâte et d’expérimenter car, on sait que l’information et les feuilles de papier seulement ne permettent pas cet apprentissage social nécessaire à l’éducation ». Le professeur Marlyne SAHAKIAN, sociologue de la consommation, croit que la meilleurs approche pour vulgariser la consommation du compost c’est de mettre en place des parcelles de démonstration pour mieux informer et former les paysans.

Les organisations de la société civile (GADD, CIPCRE), les producteurs (Jardin Polyvalent de Ntsingbeu, Semences d’Avenir, Agro-ANKH), les médias (Sinotables.com, Atipik) ont pris le relais. Le compost fait partie de leur quotidien, que ce soit dans la pratique agricole ou dans l’encadrement des producteurs bios. Les producteurs produisent eux-mêmes les composts qu’ils utilisent en fonction de la spéculation et selon un itinéraire précis. Cette démarche est jugée très pesante par le MINADER. Il serait souhaitable de faire, par exemple, un compost pour les maraichers, un autre compost pour les vivriers. Le regard des médias a porté sur la communication des activités liées au compost. Les acteurs communiquent, mais sans stratégie ni plan. D’où les difficultés à faire adhérer les habitants aux projets de gestion des déchets d’une part, et à la consommation du compost d’autre part.

Grâce à l’atelier de Dschang, chacun a pu apprécier les initiatives pratiques et les échanges avec les uns et les autres ont permis d’envisager le compost comme un intrant bénéfique en termes de préservation des sols, de promotion de la santé, et de création de richesses. Des recommandations ont été formulées à l’endroit des pouvoirs publics. D’abord le MINADER qui doit contribuer à la vulgarisation du compost par des dons aux agriculteurs ; ensuite les collectivités locales qui doivent veiller sur la bonne qualité de leur compost, et ainsi que sur sa capacité à proposer des séances démonstration de son utilisation aux paysans, et enfin aux paysans qui doivent adopter le compost parce qu’il contribue à produire des spéculations saines pour leur santé et à lutter contre l’érosion des sols.

« L’expérience de Dschang est à améliorer et à partager avec les autres villes agricoles de même taille et dans l’optique de contribuer à l’atténuation des effets des changements climatiques ».

Pour mémoire, le projet SNIS AgriComp qui a duré deux années, mobilisant une vingtaine de chercheurs issus des universités de Lausanne, Genève et Dschang ; sous la coordination du professeur René VERON a bénéficié des financements du SNIS (Switzerland Network for International Studies). Era-Cameroun et Urbaplan ont accompagné le déploiement du projet.

Cet atelier clôture une série dont celui de mars 2020 à l’Université de Dschang. Il y avait été question…

Lire aussi ENVIRONNEMENT : COMMENT GÉRER CONSOMMATION-DECHETS-AGRICULTURE DANS LA PERSPECTIVE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ?

Augustin Roger MOMOKANA

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