Communautés : cérémonie de baptême d’un nouveau clan de mendzong à Bafou.

Publié le 09 Août 2022 par SINOTABLES

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Au pays bamiléké, plus précisément dans le département des Bamboutos et celui de la Menoua, l’armée du roi a pour dénomination mendzong. Il s’agit de la représentation des forces qui ont permis aux rois de défendre et de protéger leur royaume, de conquérir les territoires voisins pour établir leur puissance. Le mendzong est structuré en clans d’âge. On en dénombre neuf clans. Aujourd’hui où les conquêtes ne sont plus à l’ordre du jour, les mendzong se sont repositionnés en véritables moteurs de développement. Ainsi chaque fils adulte doit appartenir à un clan, faute de quoi il est considéré comme un marginal.

« Il me semble qu’avant de quitter vos domiciles, vous avez promis de ne pas rentrer bredouille. Je crois que tout le monde a déjà construit sa maison. Un soldat ne doit pas être un clown, un clochard »: Chef supérieur Bafou.

Mobilisation, démonstration, parade et séances de photographie ont meublé la cour secondaire du palais royal de la chefferie supérieur Bafou dimanche 7 août 2022. Pour cause l’aboutissement de trois semaines d’initiation d’un groupe de plus de 2000 jeunes en vue de l’accession au statut très convoité de mendzong.

En fait, c’est depuis plus de cinq ans que ces jeunes dont la moyenne d’âge peut être à 35 ans ont entrepris les démarches pour « sortir de la brousse » afin de s’illustrer comme des forces sur lesquelles Sa Majesté Fodong KANA III Victor peut compter pour l’œuvre de développement de son groupement.

Dès le premier champ du coq, les arrivées ont commencé à remplir l’esplanade du palais royal. La plus part dans leur tenue du dimanche arrive par secteur : Ndzinkop, Mbeng, Ntsingfou, Laatsuet et Bassessa. Ils appartiennent à ces différents secteurs, mais ils viennent de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Nkongsamba, Dschang, etc.

« Le Chef supérieur Bafou, la cour royale et tout le Groupement Bafou se sentent honorés par les prestations de notre nouvelle génération à travers leurs réalisations pour contribuer à l’œuvre de développement. J’ai le privilège de juger vos contributions qui ont permis la réalisation des travaux sollicités » : Sa Majesté Fodong KANA III Victor.

Ces Tsan-tsan qui aspirent à un statut social ont au cours des trois semaines qui s’achèvent réalisé un certain nombre de travaux dans le village. Ainsi ils ont construit une case à la chefferie, construit des cases des divinités, effectuer des travaux sur certaines rues. Des preuves concrètes qui peuvent accéder au statut très privilégié de mendzong.

Après leur regroupement et une longue phase d’échauffement à travers chants et démonstration de bravoure, ils ont été conduits par le mendzong Mock Mbet au chef supérieur Bafou qu’accompagnait son homologue venu de Fossong Ellelem.

Dès qu’ils ont pris position dans la cour intérieure du palais royal, face à la véranda fait office de tribune où le chef supérieur, ses notables et quelques invités de marque se sont installés commence une forte pluie. Elle tombera jusqu’à l’attribution du nom.

Dans un discours ponctué de tentative de report de la cérémonie et de supplications, d’écoute et de démonstrations de pas de danse, d’explication des enjeux et du rôle du mendzong, le nom tant attendu finit par jaillir de la bouche de Sa Majesté Fodong KANA III Victor : « Je vous donne le titre de AKAH MENDZONG ». Ainsi s’achève une longue vie dans la « clandestinité », d’où l’appellation de « Tsan-Tsan).

De par son nom de baptême, le clan qui vient d’être consacré aura un rôle éminemment particulier. En plus d’être les guerriers du roi, ils sont appelés à jouer un rôle d’exemple pour tous les autres clans qui sont, dans l’ordre : Akah Medzong, Lefang Mbeng, Ma’ah Tsok, Mbeng-Mewè, Ata’a Nkak, Mock Mbet, Sa’ah Ghang, Ngueeh Neh, Meffoh Legueem.

AKAH MENDZONG vient ainsi combler le vide laissé par les anciens membres de ce clan. Ils sont aujourd’hui tous décédés. Progressivement, tous les clans dont les membres ont disparu ou sont affaiblis par le poids de l’âge seront renouvelés. Les gens constatent la disparition, portent à Sa Majesté leur disponibilité à prendre le relai. Ainsi comment une longue procédure qui prend en compte l’effectif, la représentative des zones du village, la capacité à se mettre effectivement au service du développement du groupement, etc.

Augustin Roger MOMOKANA

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