Journée Internationale du bambou : l’Université de Dschang a accueilli la 1ère édition au Cameroun.

Publié le 20 Sep 2022 par SINOTABLES

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Le département de Foresterie de la Faculté d’agronomie et des sciences agricoles (FASA) de l’Université de Dschang, l’Organisation internationale du Bambou et du Rotin (INBAR), la Mairie de Dschang, le Fonds spéciale d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) et le ministère des Forêts et de la faune (MINFOF) ont célébré la Journée internationale du bambou.

« Le Cameroun possède de grandes ressources forestières, la forêt de bambous couvre environ 1,2 million d’hectares avec environ 16 milliards de chaumes, 90 millions de tonnes de biomasse aérienne. »

Les journées du samedi 17 et dimanche 18 septembre 2022, ont marqué la célébration pour la toute première fois au Cameroun de la journée internationale du bambou. 1642 espèces de bambou [Chine] ont été identifiées dans le monde, selon les différentes présentations faites par directeur et chef du Bureau régional Afrique centrale INBAR d’une part, le professeur Lucie TEMGOUA du département de la Foresterie de la FASA d’autre part.

« La série de présentations que nous avons suivies hier nous a montré l’importance du bambou. Elle peut remplacer valablement le bois. Et compte tenu aussi du fait que les forêts se dégradent à une vitesse vertigineuse, le bambou apparait comme le matériau du futur. Pour contribuer à la plantation du bambou dans notre pays, nous avons commencé par marquer le but ici dans le jardin botanique de l’université de Dschang », dixit professeur Lucie TEMGOUA.

Cette initiative de l’organisation internationale du bambou et rotin (INBAR) sous le thème : « Bambou, source de revenus durables et de préservation des fonctions écologiques et biologiques vitales pour la planète terre » a mobilisé autours de la représentation Afrique Centrale des partenaires de poids dont le FEICOM, l’Université de Dschang et la Commune de Dschang.

L’occasion a permis aux participants : artisans de la filière bambou, chercheurs venus des universités de Buéa, Bamenda et Dschang, autorités et organisateurs d’échanger largement sur ce matériau dont les 10 000 différentes utilisations sont encore très peu connues ou inconnues du grand public.

Selon INBAR, le bambou pourrait devenir une ressource essentielle pour réduire la pauvreté, restaurer les sols dégradés, contribuer à la diversification du matériau de construction, lutte contre le changement climatique, fabriquer le charbon de bois, fabriquer des meubles et des médicaments. Ainsi le développement de la filière bambou permet de créer une industrie verte.

« Pourquoi à l’Université de Dschang ? D’abord parce que tous les efforts que nous faisons pour la protection de la nature, nous le faisons pour les jeunes. La jeunesse c’est notre carburant, c’est le moteur sur lequel nous nous adossons pour pouvoir gérer la nature. Une université c’est un point de jeunesse. Il est important de former la jeunesse qui sera responsable de la gestion de l’environnement de demain. Ensuite, aujourd’hui pour pouvoir renseigner les décideurs pour qu’ils prennent des décisions dans le cadre de la gestion de notre environnement, nous avons besoin de la recherche, nous avons besoins des résultats de recherches ; et à l’université de Dschang nous avons une des meilleurs facultés de foresterie d’Afrique centrale. Donc, aujourd’hui, elle a la capacité de pouvoir mener des recherches sur le bambou de façon à ce que les résultats irradient la sous-région », a expliqué René KAAM, directeur et chef du Bureau régional Afrique centrale INBAR.

Créée en 1997, INBAR dont le siège est à Beijing en Chine compte aujourd’hui 48 membres pays dans le monde. 20 de ces pays sont africains. Sa mission est de vulgariser la culture et l’exploitation du bambou de Chine sous toutes ses différentes formes identifiées.

Dschang a déjà pris la mesure de l’importance de cette ressource. Le Professeur TEMGOUA Emile, premier Adjoint au maire et représentant de cette commune aux activités de la journée internationale du bambou s’explique, « Au niveau de la Commune de Dschang, nous avons déjà intégré l’arbre comme une ressource à plusieurs visées : l’arbre sur le plan environnemental va favoriser la séquestration du carbone et contribuer fortement à la lutte contre les changements climatiques. Ce que nous faisons déjà avec la gestion des déchets. L’arbre dans les paysages en cours de restauration va favoriser l’accumulation de l’eau et sauvegarder nos réserves en eau. A la mairie de Dschang on entend sauvegarder ces paysages par le planting de l’arbre, mais quel arbre ? Nous avons appris et accepté le projet du bambou. Parce que le bambou va être une ressource multiservices. En termes de matériau de construction, matériau pour artisans, etc. Plus encore, le bambou pousse très vite. La ressource actuelle se trouve dans la protection de la falaise. Un acte a été pris par l’autorité municipale pour interdire les coupes parce qu’une coupe anarchique aurait comme effet l’érosion du paysage qui impacterait sur notre belle route. A côté de cela, nous avons la colline du Signal qui sur une superficie de 13 hectares a déjà 3000 bambous plantés. L’opération va se poursuivre ».

Quant à lui, le Cameroun compte 1,2 millions d’hectares de forêts de bambou. L’Université de Dschang à travers le département de Foresterie de la Faculté d’Agronomie et des sciences agricoles est à l’avant-garde de la recherche sur la culture et l’économie du bambou, en harmonie avec INBAR.

Après la journée consacrée aux réflexions et aux échanges, les participants ont mis à profit la journée du dimanche 18 septembre pour effectuer une descente sur le terrain, notamment successivement à la pépinière et au jardin botanique de l’Université de Dschang.

A la pépinière, les participants ont été édifiés des différents types de bambous, les techniques de multiplication et de repiquage, ainsi que les spécificités de chaque espèce. Ainsi un jeu de questions –réponses a permis à Baurel ATCHOMBOU, responsable de ladite pépinière, et à René KAAM, directeur et chef du Bureau régional Afrique centrale INBAR, répondre aux préoccupations et inquiétudes des uns et des autres. Une préoccupation qui attend encore sa réponse est venue de Modeste MEKUI. Le directeur de l’Agence de l’eau et de l’énergie (AMEE) de la Commune de Dschang veut savoir si le bambou est capable de faire remonter l’eau à la surface du sol ?

Au Jardin botanique, 100 plants de bambous ont été mis en terre. Ils viennent en compléments à la première opération d’il y a près de deux ans. L’on a constaté que les feux de brousse ont ravagé une partie du jardin dont la bambouseraie. Par contre, l’espace consacré au gmelina arborea est un succès encourageant. « Le résultats que nous avons est largement satisfaisant. Nous avons des plants qui ont une hauteur de deux mètres. Les paysans qui cultivent cet espace entretiennent bien les plants et nous en sommes fiers. Le gmelina arborea est un arbre qui produit du bois de chauffe. Il est très apprécié parce qu’il permet d’avoir une canopée complètement fermée »,a expliqué Herman ZAMGUIM.

Pour mémoire, la première journée internationale du bambou a suggéré que le bambou soit inséré dans les curricula de formation, aussi bien dans le primaire, le secondaire qu’à l’université. Il s’agira de sensibiliser les Camerounais dès le bas âge sur les opportunités qu’offrent la production et l’exploitation de cette plante dont les usages sont alimentaire, médicinale, décoratif, urbanistique, environnementale, culturelle, entre autres.

« L’expérience de cette journée internationale du bambou a été très enrichissante. Pour quelqu’un qui ne connaissait pas le bambou, il a eu l’occasion de découvrir ses multiples usages. En dehors de la séquestration naturelle du carbone et de la restauration des sols, nous avons appris qu’on peut aussi utiliser le bambou dans la construction des maisons, qu’il peut être utilisé dans le domaine agroalimentaire et dans les produits cosmétiques », s’est réjouis TSAMO KUAFACK Rosita, étudiante au département de Foresterie à l’Université de Dschang.

Augustin Roger MOMOKANA

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