Rendez-vous du weekend : funérailles des défunts rois et reines du peuple Baleveng.

Publié le 23 Oct 2022 par Augustin Roger MOMOKANA

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C’est l’agenda de ce samedi. Baleveng sera le centre le cœur des activités traditionnelles dans le cadre du lancement des funérailles des défunts rois et reines.

C’est un rendez-vous inédit. Les funérailles de l’année dans le département de la Menoua, et même dans toute la région de l’Ouest. Jamais un groupement n’aura organisé une commémoration de cette ampleur : 11 rois et une vingtaine de reines.

Il faut s’appeler Sa Majesté Gaston GUEMEGNI pour initier un tel projet. Il est le 12e de la dynastie royale Baleveng et va organiser à partir de samedi 29 octobre les funérailles de ses 11 prédécesseurs au trône.

Après la journée du 29 octobre consacrée exclusivement aux rois, la suite du calendrier concernera les funérailles des reines, puis des princes et des princesses.

Baleveng est une chefferie supérieure de Deuxième degré dans le département de la Menoua. Sa création remonte aux années 1600. De la volonté d’un certain FOKA parti de Meyo Foka, dans la région du Lebialem actuel. Ce territoire couvre une superficie de 109 km² habitée par près de 50 000 âmes.

A son arrivée à Melia, FOKA trouva deux patriarches autochtones, en l’occurrence KEMZANGUIM et KEMGUEGUIM qu’il réussit par la ruse à rattacher à ses services. Il prenait de l’ascension et son frère kuété TSOPZE n’appréciât pas cela.

KUETE TSOPZE n’était pas content du pouvoir de son frère. C’est ainsi qu’il quitta Melia, pour s’installer à Zuenlah. Très rapidement il conquit la sympathie des autochtones, en partageant avec eux les gibiers ramenés de la chasse. Mécontent de l’aura grandissant de son adjoint il dépêcha des gens pour aller incendier sa concession. Cet acte de pyromanie irrita les autochtones qui se levèrent en guerre contre FOKA qui finit par s’enfuir.

À la suite de la fuite de FOKA, les autochtones se mobilisèrent pour demander à KUETE TSAPZE d’être leur guide. Il leur répondit : « Si vous me le demandez, j’accepte ! » ainsi fut son territoire fut baptisé LEVENG, c’est-à-dire l’ « acceptation ». D’où plus tard le ba (territoire) de celui qui a accepté.

Fô KUETE TSAPZE mourut et son fils TSOMEDZA lui succéda qui, à son tour aura pour successeur NONLECK qui eut beaucoup d’enfants, mais pas de garçon. Il déplaça le palais de Nzuenlah à Fonong. Et, à la mort de ce dernier, son frère TEMATIO lui succéda. Lui aussi mourut sans donner naissance à un garçon.

Fô DANCHI, fils de Fô TEMATIO, succéda à son père et déplaça le siège du royaume de Fonong à Suelah. Sous le prétexte que le site constituait un frein à la prospérité du royaume. Parmi ses nombreux fils, NONGNI se démarqua en tout. Il succédera à son père en 1844. Face à l’étroitesse de son territoire, il engagea la guerre d’expansion contre les royaumes voisins. Et afin de mieux assurer son objectif il créa une armée qui n’opérait que de nuit : Ndzong Tsouh qui lui permit d’obtenir les limites actuelles. Ce roi qui terrassait tous ses adversaires, quel qu’ils soient s’attribua le nom de Fô Tso’ Ghan, c’est-à-dire « le roi qui terrasse tout, y compris les racines ».

En 1877, Fô GAPGHO succède à Fô TEMATIO. Il se fait appeler Fô Tso’ Ghan GAPGHO. Son défi fut d’avoir une grande progéniture afin d’occuper le vaste territoire hérité de son prédécesseur. Il mourut en 1920, dans des circonstances jamais étayées. Le règne de son successeur, Fô Tso’ Ghan TEYIMDJI, ne dépassa par deux années.

A la mort de Fô TEYIMDJI, son fils JIOKENG John monta au trône plutôt en 1925 qu’en 1924 parce que sa désignation rencontra une forte opposition de ses frères, ce qui amena le roi de Foto à le prendre avec lui en vue de l’initier aux arcanes du pouvoir. C’est ainsi que lorsque le roi des Foto vient l’installer en 1925, il décide de mettre aussitôt sur pied le Medzong Ngang constitué exclusivement de son clan d’âge. Baleveng lui doit la construction en 1931 de la case royale en pierre.

Lorsque Fô JIOKENG décède en 1952, Fô TITIO André lui succède. En 1957 éclate le mouvement pour l’indépendance du Cameroun. En 1963, il est interpellé et condamné à mort pour ses opinions non conformes. Sa peine sera par la suite ramenée à 20 ans de prison fermes. Il est ainsi écroué à la prison de Yoko où il sera gardé jusqu’en 1977 date de sa libération. Il est libéré, mais avec interdiction de séjour dans le département de la Menoua. Ainsi, ce n’est qu’en 1991, à la faveur de la loi sur l’amnistie qu’il rentre à Baleveng où son kuété TAKILE Jean s’est installé sur le trône. Il est affaibli par la vie derrière les barreaux et décède en 1995. Depuis lors son fils GUEMEGNI Gaston lui a succédé.

La journée du samedi 29 octobre sera marquée par un programme alléchant. Comme parades ont aura le Kezah, le Ngou- foo et le Fouossi. A ne pas manquer:

10H00 : Messe d’action de grâce par Mgr l’évêque du diocèse de Bafoussam
12H00 : Réception au palais royal
15H00 : lancement des activités traditionnelles par Sa Majesté le Chef supérieur Balessing.

Augustin Roger MOMOKANA

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