Cameroun : une décision du directeur de l’Hôpital régional de Bafoussam a failli traumatiser la population.

Publié le 27 Oct 2022 par Augustin Roger MOMOKANA

Spread the love

Au Cameroun, chaque agent de l’État peut se lever un matin de décider des mesures qui seront observé dans son service sans prendre en compte la politique nationale en la matière.

« La faute n’est pas au directeur d’hôpital qui exige l’argent au patient. Il lui faut des recettes pour non seulement contenter les responsables au ministère mais également faire fonctionner son hôpital et payer les quotes-parts du personnel. Le système malheureusement est pourri », a réagi Albert Z, un internaute très averti sur les questions de la santé publique.

C’est ce que nous enseigne cette décision du directeur régional de Bafoussam, dans la région de l’Ouest, qui a décidé que désormais chaque citoyen malade devra au préalable déposer une caution de 50 000 FCFA avant d’avoir accès à la formation hospitalière qu’il dirige.

« Tout patient entrant à l’hôpital doit déposer une caution de 50 000 F (Cinquante mille francs) pour sa prise en charge, à défaut de cela il ne sera pas admis à l’hôpital »
, avait signé le Prof. ENOW OROCK George.

Cette décision a créé une indignation des internautes, frustrés de constater que désormais n’aura accès à l’hôpital régional de Bafoussam que les personnes fortunées, à l’exemple de ce directeur capable de débourser la même somme pour se faire soigner sans avoir à grincer les dents.

« Je tiens à rappeler que tout personnel qui prend en charge un patient sans que celui-ci ne dépose sa caution au préalable se verra dans l’obligation de payer les factures de ce dernier », menace le directeur qui prescrit par la même occasion aux Superviseurs, Majors, Chefs d’équipes et assimilés « à veiller à la stricte application de ces mesures. »

L’indignation a été telle qu’une deuxième lettre circulaire a été publiée ce même 26 octobre 2022, pour reporter la lettre circulaire relative au paiement des cautions. Signée par une autre personne, mais sous le même nom. Alors s’est posé le problème de l’authenticité même de cette information.

Jusqu’à ce que, un peu plus tard dans la journée, une note du ministre de la santé publique, MINSANTE, enjoigne le directeur non républicain de redescendre sur terre et de se conformer aux directives de l’État.

« J’ai l’honneur de vous faire observer que conformément à la politique d’humanisation des soins prescrits par Monsieur le Président de la République, l’accès de Tout Camerounais dans une formation sanitaire, ne devrait être conditionné par aucune démarche discriminatoire, susceptible de lui dénier le droit à la santé, considéré comme un droit fondamental humain », a rappelé MANAOUDA MALACHIE à prof. ENOW OROCK George.

Non seulement il lui a été intimé de « rapporter la lettre circulaire querellée », mais également de « rendre compte dans un délai de 24h ».

Même si le MINSANTE rappelle le directeur au respect de la politique de l’État en matière de santé publique, un autre internaute croit pouvoir clarifier ce qui a pu motiver le directeur de l’Hôpital Régional de Bafoussam : « Peu de gens savent que les hôpitaux publics ne reçoivent quasiment plus de subventions de l’État depuis l’introduction du PBF, donc ils sont obligés de fonctionner comme des privés ou alors ils tombent en faillite », écrit Marcel B.

Augustin Roger MOMOKANA

Ce contenu a été publié dans Actualité, Société, avec pour mot(s)-clé(s) : Santé publique, Bafoussam, Cameroun, Hôpital régional, Caution, prof. Enow Orock George. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien