Foncier de l’IRAD de Dschang: le ministre des Domaines veut faire endosser son « crime » par le préfet de la Menoua.

Publié le 02 Nov 2022 par SINOTABLES

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Des personnalités sont décidées à tuer l’IRAD de Dschang. Malgré la très haute instruction du Chef de l’État en juillet dernier, laquelle instruisait le Premier ministre de veiller à la préservation du patrimoine foncier de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement.

Depuis, aucune sortie du Premier Ministre. Tant et si bien qu’à Dschang des individus ont planté des panneaux sur le site à l’origine de la crise, avant de se confondre par la suite. Ils bénéficient du soutien du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. Pour cela la haute instruction du Chef de l’État n’aboutira à rien, surtout qu’il ne veille pas personnellement à ce que cette spoliation du patrimoine privé de l’État-véritable sport pour les autorités administratives-s’arrête?

S’agissant de Dschang, la dernière actualité concernant la spoliation du patrimoine foncier de l’IRAD est sentencieuse. Les populations connaissent sans doute le village Lafie de feu Docteur MOMO Bernard, l’ancien maire de Dschang. Voilà où un ministre croit devoir trouver une parcelle agricole pour compenser la terre arrachée et dont la situation facilitait la pratique agricole aux étudiants de la Faculté d’Agronomie et des sciences agricoles de l’Université de Dschang.

« J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir procéder, de toute urgence, de délimiter la parcelle domaniale identifiée de 20 ha, sis aux lieux-dits « Efem-Litagli et Fonakeukeu Sa’a » arrondissement de Dschang et Fokoué, Département de la Menoua, objet du titre foncier n°4590/Menoua », écrit le MINDCAF au Préfet du département de la Menoua.

Dans une lettre au préfet de la Menoua, le MINDCAF demande au préfet de trouver 20 hectares des terres à Fonakeukeu et Litagli pour compenser les 11 hectares qu’il veut arracher [à tous les prix] à l’IRAD dans la ville de Dschang, entre la nouvelle Brigade Territoriale de la Gendarmerie nationale et le Centre Climatique.

Les deux zones visées par le MINDCAF ne sont pas des terres agricoles, mais des pâturages accidentés. Logiquement, la démarche du gardien du patrimoine de l’État consiste à détruire la politique agricole de l’État au profit des particuliers. Le préfet du département de la Menoua, qui a une « carrière administrative à préserver » ne devrait pas se prêter à cette manœuvre visant à tirer la politique agricole de l’État du Cameroun vers le bas.

Le MINDCAF veut faire porter la responsabilité de cette sale besogne par ITOE Peter MBONGO, le Préfet de la Menoua nouvellement arrivé et alors que la Très Haute instruction du Chef de l’État au Premier ministre était déjà un fait. Il demande au préfet de « constituer le dossier technique et administratif susceptible de soutenir la cession de ladite parcelle de terrain, à titre de compensation, au profit de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) ».

Si le ministre était dans la perspective d’aider des citoyens à se construire, il devait viabiliser et affecter la terre dont il parle à cette cause. D’ailleurs cela contribuerait à répondre au besoin en logements à Dschang, à la nécessité d’étendre le périmètre urbain. Si le MINDCAF aime trop le département de la Menoua, qu’en sa qualité de gardien du patrimoine de l’État il entreprenne les démarches nécessaires pour réhabiliter le Centre Climatique de Dschang dont l’existence est menacée par les lotissements à ses portes. Comment peut-il s’appeler André AYISSI EYEBE et voir un si grand patrimoine tomber en ruines sans faire quelque chose?

Cette affaire se passe dans l’indifférence totale des élites de la Menoua. Ces personnalités aux affaires devraient apprendre à défendre les intérêts de ce département, comme l’a si bien en son temps le maire et sénateur Étienne SONKIN, au lieu de passer le clair de leur temps à chanter « Paul BIYA ! Paul BIYA !» même lorsque des mesures sont prises contre la politique de développement impulsée par Paul BIYA sont violées.

Augustin Roger MOMOKANA

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