Journée internationale des personnes handicapées : l’Ouest se donne rendez-vous à Dschang samedi 3 décembre.

Publié le 30 Nov 2022 par SINOTABLES

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Le parlement camerounais a validé le projet de budget du ministère des Affaires sociales arrêté à la somme de 18 milliards FCFA l’exercice 2023. Cette enveloppe est-elle suffisante pour prendre en charge les 3 487 200 personnes handicapées recensées parmi la population totale du Cameroun ?

En prélude à la célébration de la 31e édition de la Journée internationale des personnes handicapées, samedi 3 décembre 2022, la salle des réunions de la délégation départementale des affaires sociales de la Menoua à Dschang, a abrité une conférence de presse organisée par la délégation régionale de l’Ouest.

En guise d’introduction, deux exposés ont été présentés aux hommes et femmes de médias : d’abord un panorama de la carte sociale de la Menoua a été présenté par NGOUPEYOU YOMBA Solange, délégué départementale, suivi d’un zoom sur le thème de cette 31e édition avec pour point d’orgue un programme d’activités très riche. Cette deuxième intervention a été faite par PENG Delphine, chef Service régional de protection des personnes âgées.

De la carte sociale de la Menoua, il ressort que les services publics existent dans les six arrondissements qui composent le département. Malheureusement, ceux-ci font face au manque criard de personnel et de matériel de bureau et aux convoitises de tous genres par les malfrats. La plupart se réduisent au seul responsable. Mais, la situation de la personne handicapée est de plus en plus préoccupante, notamment avec le nombre sans cesse grandissant des enfants abandonnés, des enfants et des femmes en prison, des personnes vulnérables, entre autres. Elle plaide pour la création d’un service d’action sociale à la prison principale de Dschang et au Lycée Classique de Dschang.

« De temps en temps nous sommes sur le terrain, y compris les jours non ouvrables. Et pour ce faire, nous sommes parfois obligés de puiser dans nos propres moyens, n’ayant pas de moyens de locomotion pour sillonner le département à la rencontre des personnes handicapées et en détresse. »

Pour sa part, le thème : « des solutions transformatrices pour un développement inclusif: le rôle de l’innovation pour alimenter un monde accessible et équitable » a permis de souligner avec emphase l’impératif nécessité de faciliter aux personnes handicapées de s’autonomiser, à travers des initiatives innovantes génératrices de revenus.

Quant aux activités, elles sont sur le pipe depuis le 23 courant et se poursuivront jusqu’au 3 décembre date de retrouvailles de toutes les personnes handicapées de la région de l’Ouest pour la cérémonie de clôture qui sera marquée par des dons en matériels et la remise des attestations aux organisations et personnes méritantes.

Selon NGOUPEYOU YOMBA Solange, plusieurs activités ont déjà été organisées : « depuis deux semaines nous voguons entre les réunions préparatoires et les activités dédiées. La semaine dernière nous avons réalisés des AGR avec la culture du champignon, le fumage du poisson et du poulet, avec des experts du MINADER et du MINEPIA, nous avons organisé des causeries éducatives dans les six centres sociaux du département, demain nous avons des activités sportives au stade du CENAJES, et le 3 décembre nous aurons les mariages collectifs, la remise des dons, la distribution des appuis en appareillages par deux partenaires : WWK Foundation, AVHU».

A Dschang, les handicapés ont vite compris la nécessité de travailler pour leur autonomie financière. Ainsi, ils ont mis sur pied une coopérative qui, malgré ses moyens très modestes, permet déjà aux membres d’emprunter de l’argent pour financer leurs activités. Cela a permis à plusieurs d’entre eux d’améliorer leur situation financière et ainsi que leur niveau de vie.

« Tous les handicaps ne sont pas visibles. Il y en a qui sont invisibles. Et nous devons nous en occuper sans discrimination. Parfois avec nos propres moyens. Vous recevez un handicapé qui à la fin de votre rencontre vous dit qu’il n’a rien pour payer le transport ».

Fidelis NDIE EWUMBUE, délégué régionales des affaires sociales pour l’Ouest, a insisté sur le fait qu’il existe au Cameroun d’autres acteurs gouvernementaux qui ont une action sociale dans leur cahier de charges. Il s’agit du ministère de l’Administration territoriale et du ministère de la Décentralisation et du développement local.

Ainsi le champ social est beaucoup plus vaste que le citoyen ordinaire ne l’imagine. Dans la mesure où il concerne à la fois les personnes handicapées, les personnes vulnérables et les personnes en détresse. Une charge que l’État tarde à prendre en compte, vue la valeur financière allouée au budget du ministère des Affaires sociales. Non seulement les services publics ont besoin de matériels de bureau, du personnel et de matériel roulant pour faciliter les déplacements des autorités en charge, mais aussi ils doivent pouvoir répondre aux multiples sollicitations des partenaires locaux que sont les orphelinats et les autres associations d’encadrement des personnes handicapées.

Pour rappel, la Journée internationale des personnes handicapées a été adoptée en 1992 par l’Assemblée générale des nations unies via la résolution 47/3. Son objet est aussi bien la promotion des droits de la personne handicapée que le bien-être de ce dernier à travers un encadrement tous azimuts en vue de faciliter son autonomisation.

Augustin Roger MOMOKANA

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