Commémoration des rois et reines Baleveng : « Mention Spéciale » à Sa Majesté Guemegni Gaston.

Publié le 13 Déc 2022 par SINOTABLES

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Activement ouverte le 29 octobre dernier, la commémoration des rois et reines Baleveng a été clôturée samedi 10 décembre à la place des cérémonies du palais royal devant un public moyen mais conquis.

Beaucoup ne sont pas venus dimanche pour deux raisons : la première raison concerne les Baleveng eux-mêmes qui avaient pensé qu’ayant déjà commémoré en leur jour arrêté par l’agenda général, il n’était plus concerné par la clôture ; ensuite les étrangers parce qu’ils n’avaient pas imaginé la dernière cartouche de Sa Majesté GUEMEGNI Gaston.

« Je ne savais pas que ça devait être ce qu’on nous a racontés. C’est pour cela que je me suis précipité pour venu vivre la fin ».

Ce rendez-vous a été une véritable exposition du patrimoine culturelle immatériel et aussi de la force de la diplomatie communautaire. Ceux qui, comme le représentant du ministre des Arts et de la culture, les gouverneurs de l’Ouest et Nord-Ouest, le préfet de la Menoua ont quitté la place des cérémonies après y avoir passé moins d’une demie heure ont beaucoup perdu.

S’ils étaient restés jusqu’à la fin, ils auraient eu une cérémonie différente de la petite séquence qu’ils ont vécue. Malheureusement leur agenda et la présence d’une colonie d’élites Bafou a permis de comprendre la pression qu’ils avaient sur le dos pour ne pas passer ne serait-ce que deux heures avec les Baleveng.

Tout s’est bien passé. Et au fur et à mesure que certains partaient d’autres arrivaient. Tant et si bien que la fête a été clôturée en présence de près d’une douzaines de chefs supérieurs qui ne se sont pas faits prier pour vivre le Metouo. Cette cérémonie de purification et de blindage est une spécialité de Baleveng que certains essaient de copier sans en maitriser la mystique et les contours cultuels.

« Je ne vais jamais pouvoir expliquer comment l’homme africain est en mesure, en un laps de temps, de capter les abeilles, de les faire produire du miel et de le distribuer à la population. C’est magique ! »

Sur la tête des personnes venues du village et d’ailleurs les initiés « ont tapé » les sacs, les balais, les machettes, l’arbre de paix ; ils leur ont redonné le goût de vivre. Moment émouvant et chargé de symbole auquel la presque douzaine de rois présents n’ont pas hésité pour en tirer profit.

Sa Majesté GUEMEGNI Gaston a ficelé cette cérémonie de sorte que ses invités ne regrettent pas d’avoir perdu leur temps. Chacun d’eux en a puisé selon le temps qu’il a accordé à cette commémoration. Ceux qui sont restés du début à la fin peuvent se bomber le torse d’avoir tout vu et tout vécu.

« Les Baleveng ont fait fort, nous devons les féliciter pour ça. C’est un succès total. Bravo et mention spéciale au chef Baleveng ».

Cette cérémonie de commémoration des rois et reines a été, dans sa phase publique, un festival culturel plutôt qu’une cérémonie funéraire telle que nous la connaissons. Il s’agissait en fait de la parade de clôture. Ceux qui se demandaient encore comment le festival Leghouo lah a pu être rapidement inscrit comme patrimoine national ont désormais compris.

Une dizaine de danses traditionnelles, parmi les plus représentatives et cultuellement chargées de symboles ont été servis aux invités. Ngou’ fô, Akah, Nkwan Mewui fô, Medzong, Fou’ssi, Azeng me Fô, Kou’gang, Etsoh, etc. Peut-être nous connaissons toutes ces danses traditionnelles, mais nous ignorons la manière spécifique de Baleveng de les agencer et de les exécuter. C’est en cela que réside le charme du Leghouo-lah.

Au moment où la nuit tombe sur le palais royal Baleveng, Sa Majesté GUEMEGNI Gaston a confié à Sinotables « je suis content et heureux » pour avoir réalisé cette fête en hommage à 11 rois et une multitude de reine qui attendait pour le tout premier depuis les années 1600 pour se reposer définitivement en paix.

Dynastie Fô Tso’ Ghang

1- Fô Foka (1650 – 1700)
2- Fô Kuété TSAPZE (1700- 1730)
3- Fô TSOMEDZA (1730 – 1775)
4- Fô NONLECK (1775-1780)
5- Fô TEMATIO (1780 – 1801)
6- Fô DANCHI (1801 -1844)
7- Fô Tso’Ghang NONGNI (1844- 1877)
8- Fô Tso’Ghang GAPGHO (1877 – 1920)
9- Fô Tso’Ghang TEYIMDJI (1920 – 1922)
10- Fô Tso’ghang JIOKENG John (1925 – 1952)
11- Fô Tso’ghang TITIO André (1952 – 1995)

Baleveng couvre la superficie de 109 km² pour une population totale estimée à 50 000 âmes. Il a été fondé par un prince du nom de FOKA venu de Medju-Foka, dans le Sud-Ouest où il n’avait pas été désigné successeur de son père. Il trouva sur place deux grandes notabilités, KEMZANGUIM et KEMGUEGUIM, qu’il soumit et créa ainsi son royaume. A sa mort, il désigna un successeur et un adjoint (Kuété). Son kuété alla s’installer à Nzuenlah où, grâce à ses prouesses de chasseurs et à ses largesses, il réussit à construire une popularité qui finit par faire ombrage au roi. C’est ainsi que dernier ordonna que sa concession soit incendiée. Ce qui fut fait. Furieux de ce comportement, les dignitaires s’érigèrent contre ce roi pyromane, tant et si bien qu’il s’enfuit du royaume pour avoir sa vie sauve. Ainsi ces dignitaires proposèrent à Kuété TSAPZE de devenir leur guide. Une proposition qu’il accueillit favorablement par l’expression « Men ven » (j’accepte). C’est ainsi qu’il devint Fô Leveng (Le chef qui a accepté). De là naquit le nom Baleveng (territoire du roi qui a accepté).

Augustin Roger MOMOKANA

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