Fait-divers : Elle jette son mari et ses employés en prison à cause de son appétit pour l’argent.

Publié le 15 Déc 2022 par SINOTABLES

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Hilary A. est une femme d’affaires installée à Douala. Elle aurait mis des proches dans de sérieux problèmes.

Les vrais hommes d’affaires ne font pas les affaires n’importe comment et avec n’importe qui. Devenir milliardaire oui, mais avec de la manière?

Une femme d’affaires – on dit qu’elle est du département de la Menoua – serait mal en point parce que accusée de fournir du matériel militaire aux Ambazonians. Ce qui touche davantage, c’est qu’elle se serait cachée à l’étranger alors que son mari et ses deux employés croupissent en prison.

Hilary A. dont Sinotables.com n’a pu avoir ni le nom de famille et ni des est une femme d’affaires installée à Douala.

Cette dame serait propriétaire et gérante de deux magasins de vente d’appareils électroniques, de pièces de rechanges de véhicules et autres accessoires. Ses magasins se trouvent à Akwa et à Mboppi.

Le fait. Un jour Hilary A. reçoit, dans son magasin de Mboppi, deux messieurs qui ont besoin d’un générateur électrique (photo d’illustration) et d’une cinquantaine de talkies walkies.

Madame Kamdem ne dispose pas du matériel qu’ils recherchent, mais réussit à les convaincre de passer la commande, et le matériel leur sera livré sous quinzaine. Elle leur explique qu’elle va passer la commande à son fournisseur en Chine.

Ces clients qui ne résident pas dans la ville de Douala, mais à Fongo-Tongo, dans le département de la Menoua, acceptent la proposition de la femme d’affaires.

L’accord est vite passé entre les parties et l’avance versée. On parle de plus de 2 millions FCFA. Cet argent est versé à la dame d’affaires par ces clients qui ne sont pas des clients réguliers.

Hilary A. contacte son fournisseur et passe la commande. Elle attend, mais pour des raisons familiales, elle effectue un voyage en Allemagne où elle doit prendre part à une fête de mariage.

Entre-temps la commande arrive. Son mari réceptionne la marchandise et doit procéder à la livraison de la part revenant aux clients à Fongo-Tongo.

Le colis est vite préparé et Monsieur Kamdem, au lieu de s’occuper personnellement de la livraison, contacte le frère cadet de son épouse qu’il met en route avec le chauffeur qui est un cousin.

C’est ainsi que les enfants partis le 20 août dernier ne sont pas revenus le lendemain soir comme attendu par celui qui les en envoyés à Fongo-Tongo.

Un jour plus tard, le mari d’Hilary A. essaie en vain de les joindre. L’inquiétude commence à le gagner et il appelle son épouse pour l’en informer. Elle le rassure en s’appuyant sur l’hypothèse qu’il s’agirait sans doute d’un problème de réseau de connexion.

Au troisième jour, contre toute attente, un groupe individus se présente à la boutique de Mboppi. Ils veulent « rencontrer le patron ». Les employés leur renseignent qu’elle séjourné à l’étranger.

Ils procèdent à la fouille du magasin, puis embarquent les deux employés. Non pas sans permettre à l’un d’entre eux de joindre le mari d’Hilary A. pour lui annoncer leur interpellation. « Passez nous voir demain à la Légion ! » auraient-ils personnellement dit au mari.

C’est ainsi que Monsieur Kamdem qui se trouvait au village dans le cadre de la disparition de son beau-frère et du chauffeur reprend rapidement la route pour Douala.

Y étant, il se présente à la Légion du Littoral. Après un bref entretien avec des gendarmes à l’accueil, il est conduit dans un bureau d’un officier. Depuis il n’est plus rentré à la maison.

Que s’est-il passé ? Pourquoi veut-on absolument retrouver son épouse ? Un proche lui propose les services de son avocat. C’est alors qu’il apprendra qu’ils sont détenus dans le cadre d’une enquête les mettant en cause pour effectuer des livraisons de matériels aux indépendantistes sécessionnistes opérant dans le Lebialem.

Dans la foulée, une liste du matériel saisi dans le véhicule, non pas à Fongo-Tongo mais dans une voisine et du ressort de la région du Sud-Ouest, est dévoilée. On note un groupe électrogène, des talking walking, des téléphones portables, des puces pour téléphones et des provisions alimentaires.

Le mari clame son innocence. En vain. Il apprend que la seule preuve qui soit recevable c’est de faire venir son épouse qui est la principale accusée dans ce dossier. Personne ne sait encore si les deux personnes commissionnées sont aussi en prison.

Hilary A. est déjà au parfum de l’évolution de la situation. Aussitôt elle a contacté quelques parents et amies proches. Tous lui ont conseillée de ne pas revenir au pays pour se justifier.

On dit que les enfants du couple auraient été confiés à deux membres de la famille de Monsieur Kamdem.
Voilà une histoire qui brise la vie de plusieurs familles, sans que l’on sache trop pourquoi, dans un contexte de crise comme c’est le cas, des personnes soupçonnées ne peuvent pas bénéficier de la présomption d’innocence.

Cette histoire ressemble à plusieurs autres dont celle de Monsieur Vincent qui, a passé deux années à Kondengui avant d’être libéré. Il lui était reproché de fournir du riz et du pétrole lampant aux sécessionnistes du Lebialem. Elle n’est pas loin de celle de ce jeune déplacé interne, qui benskineur à Dschang, s’amusait à livrer des marchandises aux commerçants d’Alou. Depuis les siens sont sans nouvelles de lui. On ne blague pas comme ça dans un pays en proie à l’instabilité sécuritaire.

Augustin Roger MOMOKANA

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